Se rendre utile

Renaître de ses souffrances.  Tel devrait être le temps de notre peuple après avoir subi tant de tristes records. La hausse la plus forte du chômage, la pauvreté et la précarité la plus nombreuse de l’après-guerre, les attaques les plus meurtrières depuis la Guerre d'Algérie, les catastrophes "naturelles" les plus destructrices etc. Rarement une présidence avait été aussi peu "normale". Et les causes de ces fléaux n'ayant rien de fortuit ou conjoncturel, aucune amélioration n'est à attendre sans changement politique majeur. La pire anormalité historique pour notre pays réside en effet actuellement dans la spirale d'extrême droitisation dans laquelle s'enfoncent le pouvoir PS et la droite dans les pas du FN. Jean-Luc Mélenchon avait été le seul il y a deux ans déjà à clairement pointer le danger en dénonçant la "lepénisation de Valls".

La fin de l'égalité des Français devant la nationalité est une rupture historique qui ramène la France avant la Révolution française. Initiée par le FN, cette régression emporte les trois premières forces politiques du pays dans un vortex idéologique mortel pour la République. Un ministre proche du président parle désormais d'étendre la déchéance de nationalité à tous les Français, sans réaliser l'horreur que constituerait pour la France de créer des apatrides. Loin d'offrir des alternatives, le débat à droite voit même Alain Juppé surenchérir contre le regroupement familial et le droit du sol, autres droits fondamentaux républicains.

Cette folle surenchère est sans rapport avec aucun des problèmes concrets du pays. Et elle maintient artificiellement Marine Le Pen en surplomb idéologique d'un débat public atrophié. Le calendrier du gouvernement comme celui de la désignation du candidat de droite à la présidentielle sont faits pour entretenir cette idéologie dominante jusqu'au début de la campagne pour 2017. En termes de principes aussi bien que de résultats pratiques, une majorité de citoyens ne peuvent se reconnaître majoritairement dans un tel paysage politique étranger à la République. Une force nouvelle peut donc rapidement trouver son espace si elle assume une rupture à la fois tranquille et révolutionnaire avec cet ordre indifférent au sort du peuple. L'exemple espagnol nous montre que cela n'a rien d'impossible en dépit de tous les aléas de la vie politique et médiatique. Chacun doit donc se rendre utile pour montrer que la société mobilisée n'a pas dit son dernier mot. Et ne perdre aucun temps dans des querelles politiciennes dont les citoyens n'ont rien à faire.

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