Chronique: Réformer l’Assemblée ou changer de République ?

Le Président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, a lancé cette semaine des groupes de travail afin de « réformer » l’Assemblée. Chaque groupe de travail est présidé par un député issu des différents groupes politiques. Ils sont répartis comme suit : celui sur la procédure législative est menée par le Constructif Jean-Luc Warsmann ; celui sur les moyens de contrôle et d’évaluation, aux mains de Jean-Noël Barrot, élu MoDem ; le statut des députés sera étudié par le groupe de Virginie Duby-Muller (Les Républicains) ; celui des collaborateurs parlementaires est à la charge de l’Insoumis Michel Larive ; le

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Mots piégés :  « Dialoguer au plus près du terrain » 

  C’était l’une des convictions du candidat Emmanuel Macron, scandée à chacun de ses meetings, prononcée avec l’air exalté de celui a inventé un nouveau vaccin : « En entreprise, il faut dia-lo-guer au plus près du terrain ». Bien entendu, les applaudissements du public étaient alors proportionnels à la largeur de la porte ouverte que notre futur président enfonçait. L’idée qu’un « dialogue social » est nécessaire et qu’il faut le promouvoir s’est tant imposée dans le monde du travail que toutes les lois relatives au droit du travail ces dix dernières années en ont, usé et abusé. Et qui s’opposerait à l’idée d’aller « au plus

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Mimétisme du vieux monde

En voilà un qui promettait de changer les pratiques et qui à la première occasion décalque les méthodes du vieux monde : confronté pour la première fois à un mouvement social appelé à prendre de l’ampleur, Emmanuel Macron use des mêmes artifices grossiers que ceux qui l’ont précédé, pour se soustraire à la demande populaire. En amont, le Président Macron a ainsi tenté de diviser pour mieux régner : les rencontres bilatérales comme méthodes de « dialogue social » ont cela d’efficace qu’elles permettent de promettre l’on ne sait trop quoi à l’un ou à l’autre pour fissurer le front

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De l’assemblée : Un mauvais départ pour En Marche

La session extraordinaire du mois de juillet 2017 a bien mal commencé pour la majorité « La République en Marche » (LREM). Des couacs en tout genre ont eu lieu lors des séances publiques de l’Assemblée nationale, qui font très mauvais genre. Le fait le plus significatif est certainement la remise en cause de l’autorité de plusieurs présidents de séance. A plusieurs reprises, la manière dont le président de séance dirigeait les débats a été fortement critiquée , et à juste titre d’ailleurs.

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Usages et mésusages des sénatoriales

Lundi commence le dépôt des listes pour les élections sénatoriales du 24 septembre prochain. 170 des 348 sièges seront renouvelés (départements du 37 au 66, d’Île-de-France, Guadeloupe, Martinique, Réunion, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, Nouvelle-Calédonie et la moitié des Français établis hors de France). Certes il serait tentant de se désintéresser de ce scrutin : le Sénat représente, par son objet et son mode d’élection au second degré, un tampon à l’expression de la volonté populaire. Mais pour qui aspire à gouverner demain le pays et considère que l’accession au pouvoir doit se faire par les urnes, il importe, pour être entendu du

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Trompe l’œil et perspectives

Cette fin de semaine, c’est la rentrée des classes politique. Hier encore, j’aurais dépeint le paysage de manière corrosive en notant le délitement de chaque formation un an après le précédent exercice. Là j’aurais parlé de l’université d’été du PS à La Rochelle, désormais réduite à un rassemblement de notables via un séminaire de direction et une formation exclusivement réservée à ses élu-e-s. Plus loin je me serais gaussé du rendez-vous fixé au Touquet par le canal officiel, donc sarkozyste, de LR tandis que chacune des innombrables et indispensables personnalités du parti initiait son propre rendez-vous dans son coin. J’aurais

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Le langage macronien à l’épreuve du réel

Qu’on me pardonne d’emprunter à la linguistique des concepts pour les appliquer grossièrement non pas aux mots ou aux idées mais à un moment constitutif en tant que tel. Car force est de constater que l’élection d’Emmanuel Macron en mai dernier, quelles qu’aient pu être les préventions à son endroit, s’était chargée d’un sens qui prétendait ouvrir une séquence politique entièrement nouvelle : celle du rejet de l’ancien monde faisant place nette aux forces du changement.

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