Parcoursup : Toujours plus d’injustices

La fin de l’année scolaire approche à grand pas. Ce second semestre 2020 avec le confinement décidé par Emmanuel Macron et le Gouvernement Philippe pour lutter contre le covid-19 restera dans les annales de beaucoup d’élèves. Pour ceux de terminale après bien des incertitudes c’est l’annulation du bac pour laisser place au contrôle continu. Cette fin d’année aura donc été pour beaucoup d’étudiant-es accompagnée par nombre d’angoisses et d’incertitudes, mais aussi des inégalités exacerbées. La scolarité à distance a accentuée la fracture numérique, les discours changeants sur les examens ont fait vaciller celles et ceux qui les préparaient. A ce climat anxiogène, s’ajoute celui des résultats de Parcoursup dont les modalités de fonctionnement restent opaques.

Cette année Pacoursup connaîtrait ses pires résultats depuis son lancement en 2018. Créée prétendument pour contrer la part de tirage au sort d’APB (Admission post-bac) et permettre à chaque élève de trouver la place qui lui convient à l’université, la plateforme qui répartit les élèves selon leurs vœux non hiérarchisés sélectionne depuis leurs dossiers et laisse tous les ans des milliers de « sans facs » sur le carreau. Dans la droite lignée de la philosophie politique du gouvernement Macron, Parcoursup organise ainsi une forme de sélection sociale. Son système d’algorithme permet à celles et ceux qui ont les meilleurs dossiers d’être sélectionné-es dans tous leurs vœux et ainsi de laisser en attente les autres jusqu’à ce que ceux-ci aient choisi. Cette année seule la moitié des candidat-es à Parcoursup ont reçu une réponse au deuxième jour des résultats. Un chiffre en baisse par rapport aux années précédentes qui n’étaient déjà pas glorieuses. La nouvelle peut tomber à chaque instant pour celles et ceux dont les vœux sont en attentes : à partir du moment où une place se libère, l’étudiant-e en devenir a deux jours pour valider son choix. Impossible donc de passer deux jours sans connexion internet.

Une particularité s’ajoute avec la crise du Covid-19, certaines formations qui habituellement ne se trouvent pas sur la plateforme y ont été ajoutées pour palier l’annulation des concours. C’est le cas pour la filière orthophonie dont les places sont déjà chères puisqu’elles se font sur concours sélectifs avec un numerus clausus réduit.  Selon une étude en cours menée par les étudiant-es, on peut observer une chute importante du taux d’admission pour rejoindre la filière : il serait passé de 30 % à 5 %.

Des injustices que Parcoursup amplifie donc. Alors que l’école et les études supérieures devraient être les bases d’une réflexion émancipatrice et égalitaire, la plateforme ne fait ici qu’encourager la concurrence et l’incompréhension à une étape charnière de la vie et dans une période de trouble dans la société.

 

Manon Coléou

 

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