Le krach de trop

Un nouvel effondrement financier a commencé depuis le début de l'année. Les conséquences de cette nouvelle crise du capitalisme financier seront pires que celles de 2008. La dégringolade a commencé dans les banques. Jamais réformées et gorgées de liquidités par les banques centrales, elles ont reconstitué une bulle plus grosse encore que les précédentes. 20 000 milliards, soit 30% du PIB mondial, sont ainsi passés des poches des banques centrales aux bilans des banques. Celles-ci les ont placé loin de l'économie réelle, dans tout ce qui est le plus spéculatif : sur les marchés des dettes publiques et privées et dans les marchés dérivés de l'énergie et notamment les pétroles et huiles de schiste. Tout cela a commencé à s'effondrer. Les dix premières banques européennes ont perdu le quart de leur valeur en un mois. Et parmi elles, la Deutsche Bank, le cœur du réacteur économique allemand, est menacée de faillite car elle a perdu la moitié de sa valeur en un an. Alors que ni l'Europe ni la France ne se sont remises des crises de 2008 et 2010, la diffusion de ce nouveau choc à l'économie réelle pourrait avoir raison de l'euro. Et même de l'UE elle-même, car l'onde de déflagration sociale va frapper des économies déjà asphyxiées par l'austérité et des sociétés minées par la misère.

Depuis 2008, l'UE et les gouvernements qui la soutiennent n'ont tenu aucune de leurs promesses face à la finance. La taxe sur les transactions financières promise pour 2011 est enlisée. Vantée par Sarkozy puis Hollande, elle a été plombée par le lobbying des grandes banques françaises. Loin d'avoir été fermés, les paradis fiscaux prospèrent : les investissements des entreprises y ont quadruplé depuis 2000, faute d'obligation de publication des comptes par pays. Et le chantage britannique à la sortie de l'UE sert désormais de prétexte pour bloquer toute nouvelle norme de contrôle des banques et des marchés.

L'Europe n'est donc pas protégée face à la nouvelle crise. Cette irresponsabilité a une cause politique : la prise de pouvoir de la finance. Avant de rejoindre l'Élysée, la conseillère économique du président, Laurence Boone, était par exemple économiste en charge de l'Europe chez Bank of America Meryll Linch, une des principales banques responsables de la crise de 2008. Et après 4 ans auprès de Hollande, elle s'apprête à devenir chef économiste d'Axa Investments, le 1er assureur mondial, où elle sera chargée des relations avec les fonds souverains et les banques centrales. Cet exemple montre que pour protéger demain le pays face aux crises, il faudra d'abord chasser l'oligarchie financière et mettre à bas les deux institutions qui l'abritent aujourd'hui : l'UE des traités actuels et la 5ème République.

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