La souffrance au travail Burn out et « révolution managériale »

 

Entretien avec Vincent de Gaulejac, Professeur émérite à l’Université Paris-Diderot et Président du réseau international de sociologie clinique.

La plupart des gens détestent le lundi matin. Un monde sans souffrance au travail, est-ce seulement possible ?

Le mot latin tripalium (Appareil de torture) vient de l’antiquité quand le travail était réservé aux esclaves. Pendant des siècles le travail a été associé à la souffrance : « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». L’analyse marxiste du travail mettait en avant les processus d’exploitation et d’aliénation. Depuis un siècle, les conditions objectives de travail se sont considérablement améliorées, par contre ce sont les conditions subjectives qui se sont détériorées. Ce que les travailleurs ont gagné en diminution du temps de travail, ils le payent en intensité, en stress, en tensions psychologiques.

Aujourd’hui, le rapport au travail est devenu paradoxal. C’est dire qu’il peut être facteur d’émancipation et d’exploitation, de liberté et de contrainte, de création et de destruction, de plaisir et de souffrance, de réalisation de soi et d’aliénation. Le fait de détester le lundi matin ne veut pas forcément dire qu’on n’aime pas son travail. L’existence de drogués du travail (work addict) montre que, comme la passion amoureuse, le travail peut-être une joie et une souffrance.

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