Quatennens (FI) : Loi travail, « Oui c’est un coup d’État social »

Entretien avec Adrien Quatennens, député France insoumise en pointe contre la réforme du code du travail voulu par le gouvernement.

Vous avez été élu député en juin. À peine entrés à l’Assemblée, vous avez dû, avec les députés de la France insoumise, engager la bataille contre la réforme du Code du travail.

En effet, Macron a choisi de lancer cette réforme – qui est l’une des plus emblématiques de son quinquennat – tout de suite, au beau milieu de l’été, sans même laisser aux députés le temps de prendre leurs marques. Cela en dit long sur long sur ses méthodes, et sur sa conception de la démocratie Nous étions, comme la plupart des députés, novices à l’Assemblée. Et les choses sont allées très vite. Le texte d’habilitation à prendre les ordonnances a d’abord fait l’objet d’une petite semaine d’étude à la commission des affaires sociales (où je siège avec mes camarades Caroline Fiat et Jean-Hugues Ratenon), en présence de Muriel Pénicaud. On nous a prévenus tout d’un coup qu’il fallait rendre les amendements deux ou trois jours plus tard – le jour même de la convocation du Congrès à Versailles. Alors nous avons fait tout notre possible : nous nous sommes enfermés dans une pièce et, dans ce court laps de temps, avec les moyens du bord, et l’aide multiforme d’experts et d’insoumis, nous avons produit plus de 130 amendements. Pas pour faire de l’obstruction, comme certains l’ont dit. Cela aurait été plus facile ! Mais pour faire un vrai travail de décryptage et de critique. Le problème, c’est qu’il ne s’agissait pas d’un projet de loi – où les mesures sont présentées explicitement – mais d’un texte d’habilitation, qui se contente de fixer le périmètre à l’intérieur duquel le gouvernement va pouvoir faire ce qu’il veut. Le travail d’amendement n’en est que plus difficile : il faut repérer les non-dits et les pièges du texte. Malgré tout, nous avons fait notre travail, en proposant des amendements qui restreignaient au maximum le périmètre du texte ou qui annulaient ou inversaient sa logique. Tous nos amendements ont été rejetés en commission. Nous n’avons pas été maltraités, mais le dispositif parlementaire était verrouillé. Quand j’ai demandé quelle part de ces amendements seraient retenus, on m’a répondu « 0%, évidemment » - comme si cela allait de soi.

Puis la bataille a continué dans l’hémicycle…

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