Une lourde responsabilité

Le meeting final du Congrès de la Gauche Unitaire a marqué ce dimanche une étape importante pour le Front de Gauche. C’est d’abord Marie-George Buffet qui aborde la question de la présidentielle. Elle choisit l’humour. « Les journalistes en ce moment sont sur un truc extrêmement angoissant : est-ce que Jean-Luc Mélenchon va faire l’OPA sur le Parti Communiste Français ? Nous tremblons !

Mais il pourrait y avoir un petit retournement, et attention Jean-Luc devrait trembler, c’est qu’au mois de juin les communistes fassent le choix, ce serait leur choix, de faire l’OPA sur Jean-Luc Mélenchon. » Christian Picquet a poursuivi. « Pour ce qui nous concerne, nous formulerons notre choix définitif sur l’ensemble du dispositif électoral à l’occasion d’une conférence nationale au début du printemps mais il est d’ores et déjà possible d’enregistrer la tendance qui se dégage et d’indiquer une préférence. Alors je le fais. Jean-Luc dont la candidature a été mise à la disposition du Front de Gauche, peut être notre candidat. »

Si rien n’est tranché, une convergence se dessine donc. C’est une grande nouvelle. Car il y a urgence à avancer. Une course de vitesse est engagée pour que le Front de Gauche s’affirme comme une alternative alors que se décomposent nos concurrents à gauche. Le NPA, qui tient son congrès le week-end prochain, réaffirme dans ses votes internes son refus de l’unité de l’autre gauche. Cette stratégie d’isolement fonctionnera à plein : il sera isolé et donc impuissant. Nul ne peut prévoir dans quel état le PS sortira de ses primaires. Conçu pour sacrer un favori, comme l’était Prodi en Italie, ce mécanisme ne permet pas de départager des compétiteurs qui croiraient en leurs chances. Or si Strauss-Kahn dépose sa candidature, on voit mal pourquoi ses concurrents se retireraient, d’autant que sont désormais repris par de nombreux militants socialistes nos arguments contre ce choix désastreux pour la gauche. La Haute autorité récemment nommée par le PS pour veiller à la régularité du scrutin risque vite d’être dépassée si les bourrages d’urne pratiqués dans ce parti se mènent désormais à ciel ouvert avec les passants dans la rue. Enfin les Verts s’enlisent à leur tour dans le sable mouvant des primaires, dont ils n’ont pour l’heure pas fini de débattre la date.

Cette décomposition des partis de gauche donne une responsabilité supplémentaire au Front de Gauche. Dès les cantonales, notre dynamique doit suppléer la crise du PS et des Verts. Il nous faut mobiliser la part de l’électorat qui ne se reconnaît plus dans ces formations si nous voulons une majorité à gauche. Cette mobilisation doit aussi contribuer à politiser le vote. Car si ces cantonales se réduisaient à une addition de scrutins locaux, la droite pourrait s’en sortir voire enregistrer des victoires. Les élections partielles l’ont montré. Déjà la stratégie désastreuse d’agression du Front de Gauche suivie par le PS en Ile-de-France pourrait se traduire par la perte de deux voire trois départements, donnant à la droite le contrôle de la majorité des Conseils généraux au moment où elle vient d’obtenir la reddition de Huchon sur le Grand Paris. Face à ces outils rouillés, le Front de Gauche doit donc être un élément cohérent et dynamique, unitaire et combatif, capable de mener en première ligne le combat contre la droite. Sans oublier l’extrême-droite. Car à force d’annoncer que le FN pourrait être présent au second tour pour réanimer le moribond vote utile, le PS est en train de souffler dangereusement dans ses voiles.

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