Le mythe du modèle allemand

Entretien avec Hadrien Clouet, doctorant en sociologie (CSO / CNRS Sciences po) travaillant sur le sous-emploi en France et en Allemagne.

En matière de marché du travail, « le modèle allemand » est souvent mis en avant : de quoi s’agit-il ?

On parle essentiellement des mesures prises au début des années 2000, lors du second mandat de Gerhard Schröder et sa coalition socio-démocrates/verts. Il s’agit de la libéralisation du marché de l’emploi, du recul de l’âge de départ à la retraite, de la baisse des salaires qu’elle a entrainée et surtout de la mise en place de nouveaux types de contrats de travail basés sur l’idée de renforcer le contrôle sur les chômeurs et de baisser ainsi le taux de chômage.

Ce sont les lois dites Hartz, du nom du président de la commission qui les a inspirées, alors DRH de Volkswagen. Elles ont rapidement transformé le marché du travail allemand créant le premier réservoir de main d’œuvre sous payée d’Europe, il y a douze ans. Les 4 lois Hartz ont mis en place un recours plus facile à l’interim et aux licenciements, la création de sociétés unipersonnelles qui correspondent au statut d’auto-entrepreneur et enfin les « minijob » et « job à 1 € ».

Que recouvrent ces deux types d’emplois et ont-ils permis de faire baisser le chômage ?

Les minijobs, payés 450 € par mois sont au départ censés être proposés comme complément de salaire pour les personnes n’ayant pas d’emploi à temps plein. Très vite, ils deviennent pour beaucoup de travailleurs leur unique source de revenu. Mais ils sont complètement exemptés de cotisations salariales, c’est-à-dire qu’ils n’ouvrent aucun droit à la retraite ou à la protection sociale.

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