Fascisme et oligarchie

Les élections qui se dérouleront dimanche 28 octobre au Brésil sont d’une importance capitale pour ce pays, pour l’Amérique latine, mais également pour le monde entier. Jair Bolsonaro a recueilli 46,06% des voix au premier tour, signant le retour possible de l’extrême droite au gouvernement dans l’un des plus grands pays du monde, avec ses 206 millions d’habitants, et couvrant près de la moitié de la surface de l’Amérique du sud. Nous l’oublions souvent, mais c’est aussi un pays frontalier de la France par la Guyane.

Bolsonaro incarne l’extrême droite la plus traditionnelle, celle qui se revendique de l’Église et de l’Armée, du virilisme et de la libre circulation des armes. Nostalgique des années de dictature, son projet paraît aller résolument à l’encontre de toutes les victoires sociales obtenues par les années de gouvernement du Parti des Travailleurs. Cette poussée de l’extrême droite ne vient pas de nulle part. Tout a été fait pour empêcher la candidature de Lula. Les cris d’orfraie des éditorialistes feignant de découvrir le danger n’y font rien : ils ont, au Brésil comme en France, accompagné les calomnies contre le Parti des Travailleurs, et tentés la veille du scrutin de pousser en diversion une candidature « centre gauche » privant Fernando Haddad de soutien. Qu’on ne s’y trompe pas, l’oligarchie choisira toujours le fascisme contre le progrès : la bourse du Brésil a salué l’abandon de la candidature de Lula par une hausse.

En Europe également l’extrême droite tente de s’organiser. Marine Le Pen rend visite à Salvini et salue son action contre les migrants. Les identitaires français pavanent aux frontières, attaquent les locaux d’une ONG après être intervenus contre les mobilisations sociales, et avoir saccagé des locaux politiques ou syndicaux. L’ex-ministre de l’intérieur Gérard Collomb n’a rien fait.

Pendant ce temps, les soutiens de l’oligarchie jouent les pompiers pyromanes. Emmanuel Macron fait mine de lutter contre l’extrême droite, et pourtant son action contre les migrants est saluée par Florian Philippot, quand le Rassemblement National vote en faveur de certains articles de la loi « asile immigration » qui restreint le droit d’asile. Lorsque l’Aquarius tente de sauver des vies en mer, le gouvernement refuse de l’accueillir et le déroute vers un port espagnol, alors qu’il devrait le recevoir en Corse ou à Marseille, et assimile quelques dizaines de réfugiés à une immigration massive. Quand le Panama retire son pavillon au bâtiment de l’ONG la France des droits de l’homme aurait dû se proposer. Merci aux 30000 marseillais, et aux dizaines de rassemblements en France, qui ont manifesté pour l’Aquarius !

Benoît Schneckenburger

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