Aller chercher Macron !

L’affaire Benalla a révélé Macron pour ce qu’il est : le président du désordre. Désordre public avec des conseillers agressant des manifestants et désordre démocratique avec le sabotage de l’enquête parlementaire, un fichage politique de masse et une réforme institutionnelle qui renforcerait la monarchie présidentielle.

Au-delà, Macron incarne le chaos libéral, son désordre économique avec une croissance en berne et son désordre social avec des inégalités et une précarité qui explosent. Macron (et Hulot), c’est aussi le désordre écologique évidemment : rien contre les pesticides alors que la justice américaine condamne Monsanto, entêtement nucléaire sans fin avec le énième renflouement de l’EPR et la fermeture de l’usine d’hydroliennes située à côté.

Dans cette d’affaire d’Etat Macron-Benalla, il y eu un moment de quasi-vérité, quand Macron déclara « il y a un seul responsable, moi, qu’ils viennent le chercher ». Il aurait été plus juste qu’il dise « l’irresponsable c’est moi ! », mais qu’importe. Chiche, allons le chercher !

Les résultats des votes de censure à l’Assemblée ont montré que c’est dans la rue et dans les urnes qu’il faudra aller chercher Macron. Le quinquennat précédent avait déjà prouvé que les godillots du pédalo de la méduse préféraient se noyer avec leur capitaine que résister. Ainsi va la 5e République.

La prochaine réforme des retraites exige d’aller chercher Macron dans la rue pour bloquer un nouveau recul alors que le report de la retraite à 62 ans a déjà fait augmenter les arrêts maladies des salariés seniors.

Ce sera aussi dans les urnes. C’est à cet objectif que doivent servir les élections européennes de 2019 en fortifiant le populisme civique, ce dégagisme républicain, né en 2017. Car pour aller chercher Macron, la force ne viendra pas d’un retour des dégagés, n’en déplaisent aux rêveurs de la candidature « Hollande 2022 » et assimilés. La force, ce sera celle du peuple. Ce peuple qui n’en peut plus de voir ses hôpitaux saturés, ses trains en retard, ses écoles délabrées, son air et son eau pollués, ses usines fermées, ses saisonniers mal-payés, ses retraites ponctionnées, ses étudiants sans affectation à quelques jours de la rentrée, ces évadés fiscaux sans punition, ces Benalla sans sanction, ce dumping des travailleurs détachés surexploités, cette Union européenne détruire ce qui fait la France républicaine et son Etat social.

A l’européenne, l’enjeu sera de remobiliser ceux qui ont voté Mélenchon et insoumis en 2017 envers et contre tous les qu’en dira-t-on gauchiste ou mondain. Ceux qu’il faut fédérer en plus n’auront pas toujours voté comme nous ni « comme il faut ». C’est une tâche ardue, peut-être sera-t-elle hardie. Et alors ? La force du peuple clame « qu’ils s’en aillent tous ». A nous d’en faire « Maintenant, le peuple ! ».

Matthias Tavel

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