Vive la souveraineté !

L’annonce par Sanofi que les Etats-Unis seraient prioritaires dans l’accès à un éventuel vaccin est tombée comme un couperet. Il parait même qu’Emmanuel Macron s’en serait « ému ». C’est bien le moins. Mais pour les actes on repassera. Beaucoup de blabla, peu de résultats. Il n’empêche, l’épisode met chacun au pied du mur. Et doublement. D’abord devant la domination des Etats-Unis avec leurs méthodes impérialistes. Ensuite, devant la domination du capital financier transnational qui n’est lié par aucune morale ni aucun patriotisme.

Ce n’est pas faute d’avoir prévenu. Un exemple. Réécoutez le discours de Besançon de Jean-Luc Mélenchon en janvier … 2012, dénonçant la délocalisation de la production de paracétamol. Cela fait des années que les délocalisations frappent très largement, et bien au-delà des productions non stratégiques. C’est un système qui en est coupable : libre-échange, profits à court terme pour les actionnaires, de dumping social et écologique.

L’heure est donc à la reconquête de la souveraineté. Tant mieux ! Enfin, on peut réclamer l’indépendance et le protectionnisme sans être accusé de lepénisme. Enfin la nation redevient fréquentable après des années de terrorisme intellectuel libéral et européiste. La vulgate social-démocrate comme l’internationalisme abstrait de l’extrême-gauche ont facilité l’avancée de l’extrême-droite sur le sujet alors que l’exigence de souveraineté est historiquement née « à gauche ». A l’heure où nombre de pays développés vivent un moment politique où les peuples veulent reprendre le contrôle de leur vie, il était temps. La souveraineté n’est rien d’autre que la capacité à décider par soi-même, de façon indépendante, c’est-à-dire l’autre nom de la liberté.

Mais quiconque parle de souveraineté doit aller au bout. Car elle ne saurait se réduire à un habillage bleu blanc rouge sur quelques productions. En matière industrielle, c’est un vaste plan qui est à mettre en œuvre : désarmer les financiers et les écarter du capital de certaines entreprises par la socialisation ou la nationalisation, protéger les brevets, reconstruire des chaines de productions, former les travailleurs et en embaucher en nombre, transformer les procédés et les produits eux-mêmes pour répondre à l’impératif écologique…

Au-delà, en France, la souveraineté nationale est indissociable de la souveraineté populaire, donc de la République. C’est Valmy et la 1ère République contre l’Ancien régime, c’est la Commune de Paris refusant de désarmer devant les Prussiens, c’est le Conseil national de la Résistance refusant à la fois la collaboration avec les nazis et le régime de Vichy. Il n’est pas de souveraineté possible dans les solutions autoritaires des néolibéraux ou des néofascistes. Il n’est de souveraineté réelle, pleine et entière, que dans la souveraineté politique du peuple, c’est-à-dire dans la démocratie et dans l’égalité sociale de ceux qui le composent.

 

Matthias Tavel

 

 

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