PPP des écoles Victoire contre la Mairie de Marseille

Les plafonds gorgés d’eau à cause des pluies s’écroulent, l’eau ruisselle dans les goulottes électriques, un dortoir inondé est condamné, un égout non raccordé s’écoule dans le vide-sanitaire, un escalier de secours branlant est fermé, les chauffages sont en panne, les élèves et les enseignants se réchauffent des semaines durant avec des tisanes et des couvertures, les locaux sont parcourus par les rats, les cafards et les punaises de lit, les classes et les cantines sont surchargées, par conséquent les bibliothèques ou les salles informatiques disparaissent, le personnel encadrant, épuisé, n’est pas en nombre suffisant pour assurer un service correct… On peine à croire que ce sinistre tableau se déroule dans l’une des plus grandes villes de France : Marseille.

Pour moderniser ses écoles publiques, la municipalité a décidé de signer des partenariats public-privé (PPP) ce qui est permis par la loi ELAN. Trente-quatre écoles seulement, et pas les plus vétustes, devraient être rénovées ou reconstruites en six ans. Pour cela la mairie doit verser, sur vingt-cinq ans, plus d’un milliard d’euros de loyer à des multinationales comme Vinci, Bouygues et Eiffage - qui font appel aux travailleurs détachés et participent à l’évasion fiscale. Elle doit leur laisser la gestion des écoles, en courant le risque d’un surendettement et en faisant allègrement augmenter les impôts des contribuables au profit des géants capitalistes !

Dès cette annonce, le « Collectif Marseille contre les PPP » s’est formé, soutenu par le groupe Éducation Marseille insoumise. Constitué de professionnels, de syndicats enseignants, de parents d’élèves et de contribuables, il s’est battu sur tous les fronts (manifestations, tracts, pétition…) pour dénoncer cette décision inique qui ruine la ville et augmente les inégalités territoriales entre quartiers. Au bout d’un an et demi, le collectif vient d’obtenir l’annulation de la délibération du conseil municipal par le tribunal administratif qui a rendu son jugement le 12 février.

C’est une grande victoire qui peut faire jurisprudence contre ce type de décision. La Mairie a décidé de faire appel, le collectif continue donc le combat et propose des solutions d’avenir pour rénover les écoles à l’aide de la loi MOP (pour Maîtrise d’ouvrage publique) qui permet la réalisation des travaux pour 30 % moins cher. Des architectes ont d’ailleurs proposé les plans d’une école qui respecte les normes écologiques pour un prix bien moins élevé. L’auto-organisation et la résistance citoyenne paient.

Isabelle Chauvin

 

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