Foutus en l’air

La France urbaine et péri-urbaine, et pas seulement Paris, vient de connaître un pic historique de pollution de l'air. Une vingtaine d'agglomérations ont été touchées. Au-delà de tels pics, la pollution chronique de l'air est devenue une des premières causes de mortalité en France, quand on cumule les différentes atteintes au système respiratoire. Près de 50 000 morts par an lui sont directement imputables en France. 500 000 en Europe. Et dans les pays du Sud cette pollution tue désormais plus que le paludisme ou la malnutrition.

Face à cette catastrophe les politiques publiques traitent les effets mais n'affrontent pas les causes : le trafic routier et les sources carbonées d'énergie. On assiste ainsi à une combinaison criminelle entre le modèle productiviste et le laisser faire politique. L'Europe en est une caricature. Elle souscrit des engagements pour réduire la pollution. Mais elle détruit tout moyen public de l'organiser en libéralisant l'énergie et les transports. Les gouvernements Valls ont aussi une responsabilité directe. Au nom du libre marché, ils ont successivement autorisé les super poids lourds de 44 tonnes puis relancé le transport par autocars au détriment du rail avec la loi Macron. Ce dernier expliquait d'ailleurs l'été dernier que le diesel « reste au cœur de la politique industrielle française » et du « projet industriel français de la mobilité environnementale ». Le candidat Fillon est tout aussi archaïque sur le sujet quand il propose en matière d'énergies renouvelables de « sortir des objectifs chiffrés, pour donner la main au marché ». Ou encore d'« engager la préparation de la mise en concurrence de la SNCF telle que prévue par les directives européennes ». De tels programmes ne sont plus seulement dangereux pour les générations futures. Ils sont tout simplement criminels pour tout le monde dés maintenant.

Face à un problème aussi global que la pollution de l'air, c'est la planification qui permettra de sauver des vies. Et pas d'illusoires solutions de marché comme le croit encore Yannick Jadot. Nicolas Hulot l'a bien compris quand il dit qu'il faut « planifier la transition énergétique ». Cette planification écologique suppose de stopper la libéralisation européenne de l'énergie et des transports. Et d'engager la sortie impérative des énergies carbonées pour toute l'économie. Ce n'est pas une option, mais une nécessité aussi vitale que celle de s'arrêter au feu rouge pour ne pas tuer des passants.

Partager cet article...
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on Google+
Google+
Email this to someone
email