Rappel à la réalité civique

L'étalage monarchique de la présidence Macron se poursuit sans complexe. De Versailles à Davos, le président s'est non seulement affiché avec le gratin du capitalisme financier transnational mais il a même revendiqué de faire partie de cette oligarchie. Cette dernière le lui rend bien puisque ses discours ont été accompagnés d'un concert de louanges patronales et financières, généreusement relayées par les médias dominants. Cette proximité oligarchique du président est dépeinte comme le signe du retour de la France sur la scène européenne et mondiale, conformément au mot d'ordre entonné par le président en anglais : « France is back ». Voilà une bien une étrange conception de la France, loin du peuple et de l'intérêt général. La tête couronnée du pays ainsi adoubée par les puissants renvoie plus à l'ambiance du congrès de Vienne de 1815 qu'à l'histoire républicaine, volontiers rebelle, de notre patrie.

La réalité civique du pays est beaucoup moins flatteuse pour le président Macron que ce que les médias et les sondages voudraient faire croire. Les premiers tours de deux élections législatives partielles viennent d'en fournir la preuve à Belfort et dans le Val d'Oise. Les citoyens n'y ont exprimé aucun regain de confiance pour Macron et ses candidats. Leurs résultats se tassent au contraire, traduisant une érosion du soutien au président et à son gouvernement. Le peuple a aussi confirmé à cette occasion une tendance lourde que l'élection de Macron n'a absolument pas réglé : la crise du système représentatif de la 5ème République avec un océan d'abstention : plus de 70 % ! C'est certes habituel dans les élections partielles, mais toutes les forces ne subissent de la même manière cette colère froide des électeurs.

L'extrême droite s'effondre, le total des scores des candidats du FN et de son dissident Florian Philippot étant très loin du résultat de juin dernier puisqu'ils passent de 17,5 à 9,5 % à Belfort et de 15 à 11 % à Pontoise. Le PS poursuit quant à lui son agonie en dessous des 10 %, passant même de 9 à 2 % à Belfort.

Faisant mentir certains médiacrates médisants, la France insoumise se hisse au contraire de la 4ème à la 3ème place en passant devant le FN. Elle est ainsi confirmée par les citoyens eux-mêmes comme la première force d'opposition populaire à Macron et à sa politique. Une force tranquille, durable et déterminée qui sait que le peuple n'a pas dit son dernier mot en France.

Laurent Maffeïs

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