Quel président face au CETA ?

Le traité de libre échange entre l'Europe et le Canada, dit CETA, continue sa marche forcée dans le dos des citoyens. Les preuves de sa nocivité s'accumulent pourtant depuis des mois. En particulier en matière agricole et alimentaire. Les études que viennent de publier les filières bovine et porcine françaises alertent sur les 150 000 tonnes de viande canadienne qui pourront désormais entrer sans droit de douane dans l'UE. En particulier des bovins nourris à 90% de maïs OGM et gorgés d'antibiotiques activateurs de croissance, interdits en France depuis 2005. Alors que la taille moyenne des élevages français est de 100 bovins, le modèle nord américain est dominé par les parcs d'engraissement intensifs qui contiennent en moyenne 30 000 bêtes. Cette concurrence déloyale compromettra encore plus la survie des éleveurs français déjà en difficulté. Et elle va à rebours de la nécessaire évolution écologique des systèmes agricoles vers plus de polyculture et moins d'élevage intensif.

Nous savons que l'UE est décidée à appliquer cet accord quoi qu'il arrive, conformément à ses méthodes anti-démocratiques. Elle a prévu qu'il serait mis en œuvre provisoirement avant même que les États membres de l'UE l'ait ratifié. Ce sont les États eux-mêmes qui ont signé cette abdication lors du Conseil européen du 30 octobre 2016. Validées par Hollande, les conclusions de ce sommet indiquent en effet : « l’accord économique et commercial global entre le Canada, d’une part, et l’Union européenne et ses États membres, d’autre part, est appliqué à titre provisoire par l’Union dans l’attente de l’achèvement des procédures nécessaires à sa conclusion ».

Ce que le président Hollande a signé, un autre président aura le pouvoir de le défaire. Jean-Luc Mélenchon s'y est d'ores et déjà engagé clairement pour empêcher toute application du CETA sur le territoire français. On ne peut pas en dire autant de tous les candidats à l'élection présidentielle. François Fillon a affirmé le 15 novembre 2016 que « le CETA est un bon accord ». Et pour Macron cité par Mediapart le 2 novembre, « le CETA améliore la situation ». Et il n'y a même « pas besoin de ratification au niveau national ». Quant à Benoit Hamon sa position est particulièrement peu claire. Son hostilité publique au CETA est effet contredite par plusieurs faits : il n'a pas voté pour la résolution exigeant un référendum sur ce traité à l'Assemblée nationale. Et il a intégré Mathias Fekl, ministre français du commerce et fervent partisan du CETA dans son conseil de campagne, en saluant même son action lors de son discours d'investiture. Pour protéger nos assiettes d'un nouveau déversement de malbouffe, les citoyens devraient donc se méfier de tous ces candidats qui iront clamer leur soutien à l'élevage français au salon de l'agriculture tout en refusant de s'opposer au CETA.

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