Nucléaire : le danger est là

Nous approchons du 7eme anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Sa triste actualité a été récemment rappelée de manière crue par le président de l'Autorité française de Sûreté Nucléaire. Début février il déclarait qu'« en cas de séisme fort, on pourrait aller à la centrale de Tricastin vers une situation avec quatre réacteurs simultanés en fusion, qui ressemble potentiellement à un accident de type Fukushima ». Largement passée inaperçue, cette mise en garde officielle concerne une des centrales les plus dangereuses du pays puisqu'elle accumule un nombre record d'incidents. Mais aussi parce qu'elle est située sur un des axes les plus peuplés et empruntés de l'hexagone : 300 000 habitants vivent dans un rayon de 30 km de la centrale, c'est-à-dire la zone qui a dû être totalement évacuée à Fukushima. Dans un livre qui vient de paraître, les journalistes Thierry Gadault et Hugues Demeude citent aussi un haut cadre d'EDF affirmant qu'« aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si un accident grave est possible en France mais quand il aura lieu. »

C'est dans ce contexte d'une prise de conscience sans précédent du danger nucléaire qu'EDF vient pourtant de proposer de prolonger de 40 à 50 ans la durée de vie des centrales nucléaires françaises. Se confirme ainsi une forme d'immunité nucléaire dont un des principaux verrous se trouve au sommet de l'Etat avec le président Macron, ardent défenseur de la poursuite du nucléaire. Cette question n'a plus grand chose de technique, de scientifique ou même d'économique et elle est devenue totalement politique. Devant le déni gouvernemental face au risque, c'est aux citoyens de se saisir d'urgence de cette question vitale. C'est tout l'intérêt de la votation citoyenne qu'organise la France insoumise dans tout le pays à ce sujet du 11 au 18 mars prochains. A la responsabilité politique de sensibiliser et d'impliquer les citoyens pour convaincre le plus grand nombre de sortir du nucléaire s'en ajoute désormais une autre. La responsabilité de préparer la population à faire face au danger qui subsistera des années encore quels que soient les choix de sortie ou de poursuite du nucléaire. Penser la protection civile, individuelle et collective, est aussi un devoir civique, surtout quand le pouvoir s'y refuse.

Laurent Maffeïs

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