Libérez Lula !

En rendant visite à Lula dans sa prison le 5 septembre, Jean-Luc Mélenchon témoigne un soutien que tout démocrate doit apporter à l’ancien président brésilien. Le président des députés La France insoumise est ainsi fidèle à une vie de combats pour les droits humains. C’est d’abord un soutien humain : Lula et Mélenchon se connaissent depuis avant la première élection du premier comme président du Brésil en 2003. C’est surtout un soutien politique de haute portée.

Combien le font réellement parmi les donneurs de leçons habituels ? Où sont les BHL et autres porte-parole auto-proclamés de la « liberté » si prompts à prendre fait et cause par exemple pour l’antisémite Navalny en Russie ? Et « l’Europe qui protège », pourquoi a-t-elle signé en juin un accord de libre-échange avec le Mercosur, ensemble de pays latino-américains dont fait partie le Brésil, sans protester contre la détention de l’ex chef d’Etat ? Le Parlement européen accordera-t-il son prix Sakharov à Luiz Inácio Lula da Silva comme le propose le député européen insoumis Emmanuel Maurel ou trouvera-t-il un prétexte pour se défiler ?

Il parait que le président Macron a décidé de donner de la voix contre le président brésilien d’extrême-droite Bolsonaro ? Sur l’Amazonie ? Sans doute pour masquer ses propres actes en Guyane. Sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur ? C’est pour faire avaler la pilule du CETA avec le Canada. Et sur Lula ? Que dit la France ? Que fait sa diplomatie ?

N’oublions pas que si Bolsonaro a été élu président du Brésil fin 2018, c’est grâce à une forme de coup d’Etat légal, de lawfare. A l’issue d’une cabale sans preuve, menée par une justice corrompue, Lula a été condamné à 12 ans de prison et empêché de se présenter à la présidentielle alors que les sondages le donnaient vainqueur face à Bolsonaro. Le juge qui l’a condamné est ensuite devenu ministre de la Justice de Bolsonaro… Une nomination pour services rendus de toute évidence. A l’époque déjà, Jean-Luc Mélenchon et les insoumis protestaient. Les belles personnes ne disaient rien, trop contente de voir les progressistes latino-américains subir une terrible défaite. Après l’élection d’Andres Manuel Lopez Obrador au Mexique en juillet 2018, il leur fallait empêcher à tout prix que ne recommence un cycle de victoires populaires. La raclée reçue par le président de droite en Argentine lors des élections primaires il y a quelques semaines montre que les peuples d’Amérique Latine sont loin d’avoir dit leur dernier mot. Puisse l’étau se resserrer autour de Bolsonaro pour accentuer la pression pour la libération de Lula.

Ceux qui ont permis l’élection de Bolsonaro doivent rendre des comptes. Ceux qui laissent croupir Lula en prison doivent être mis devant leur responsabilité. Un seul mot d’ordre s’impose : libérez Lula ! Ce n’est pas une question brésilienne. C’est une question d’humanité, de justice, de démocratie dans un pays au cœur des enjeux climatiques mondiaux. C’est un enjeu universel.

Matthias TAVEL

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