L’Europe fantôme

Le début de la présidence états-unienne de Donald Trump marque un brutal retour à la réalité matérielle des puissances, loin des mythes diplomatiques sur l'union transatlantique. Dans cette confrontation, l'Europe n'existe pas. Elle n'a pas de volonté propre. Elle n'exprime aucune souveraineté légitime. Pourtant le fantôme d'une "Europe puissance" continue de hanter le vieux monde politique français du PS à Fillon.

Hollande, dans ses vœux au corps diplomatique, a ainsi continué à présenter une intégration européenne renforcée comme la solution. Avec la perspective d'un budget intégré de la zone euro, avec un ministre européen des finances faisant la police budgétaire. Sans aller jusque là, Fillon continue lui aussi de cultiver l'illusion d'une "relance du projet européen" dans le cadre de l'UE actuelle. Il a ainsi affirmé dans une interview commune au Monde et au Frankfurter Allgemeine Zeitung : "Je ne crois pas à la possibilité de refonder les institutions européennes et les traités". Juste avant de rencontrer Angela Merkel à Berlin pour plaider un énième rapprochement avec la politique allemande. Fillon propose ainsi d'imiter avec 10 ans de retard le modèle austéritaire allemand de rigueur budgétaire et de précarité du travail. Il avait été précédé à Berlin le 11 janvier par Emmanuel Macron. Lui aussi se moule dans le cadre européen actuel au point de répéter cet étrange slogan : "l'Europe c'est nous, Bruxelles c'est nous!" Quant à Marine Le Pen son programme européen est devenu tout aussi fantomatique que les illusions des défenseurs de l'UE, depuis qu'elle a dit sur TF1 le 8 février 2016 qu'il n'avait "jamais été question" d'une sortie immédiate de l'euro. Contrairement à ce qui était écrit en toutes lettres dans le programme du FN.

La seule alternative claire et raisonnée au fantôme économique qu'est devenue l'Union européenne est la démarche du plan B. Au fil des réunions tenues à Paris, Madrid, Copenhague et Berlin, cette méthode alternative n'a cessé de s'approfondir et de s'élargir depuis son lancement en septembre 2015. Heureusement que cette issue positive existe. Car, à défaut de trouver des solutions viables sur le plan économique, les dirigeants actuels de l'UE agitent désormais divers projets d'armée européenne. C'est là un autre vieux fantôme du débat européen. Jean-Luc Mélenchon est le seul candidat qui en dénonce régulièrement l'avancement. Cette marche forcée, dirigée actuellement contre la Russie, n'a jamais été décidée par aucun peuple. Comme le rappelle le candidat de la France insoumise, "la Défense s’applique à un territoire et à un peuple soumis à une loi commune dont il décide librement. L’Union européenne n’est ni l’une ni l’autre".

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