L’éolien en mer, une chance pour la France

Bonne nouvelle, la France a inauguré, vendredi 13 octobre, au large du Croisic sa première éolienne flottante. Appelée Floatgen, celle-ci, en construction sur le site d’essai technologique de Centrale Nantes (Sem-REV), restera en phase expérimentale pendant deux ans. Créée par la start-up Idéol et financée par Bouygues TP, son coût a été évalué à 25 millions d’euros et elle devrait alimenter 2 000 à 5 000 foyers. Il était temps !

Coïncidence, quelques jours plus tôt deux chercheurs du Carnegie Institution for Science de la prestigieuse université Stanford aux États-Unis ont publié les résultats d’une recherche incitant à investir dans l’éolien en mer. D’après Anna Possner et Ken Caldeira, ce type d’éoliennes produirait au moins trois fois plus d’énergie que l’éolien sur terre.

« Nous avons constaté que les parcs éoliens océaniques géants sont capables de profiter de l'énergie des vents d'une grande partie de l'atmosphère, tandis que les parcs éoliens à terre restent limités aux ressources éoliennes proches de la surface », explique Anna Possner. L’étude montre également que certaines zones marines comme l’atlantique nord sont plus favorables à l’éolien que d’autres. Ainsi, la puissance générée au mètre carré pourrait atteindre plus de quatre fois celle obtenue à terre : plus de 6 W/m² contre 1,5 W/m² sur terre. Au point que « en hiver, les parcs éoliens de l'Atlantique nord pourraient fournir une énergie suffisante pour répondre à tous les besoins actuels de la civilisation », expliquent les chercheurs sur le site de l'institution ! En été, ils produiraient moins mais ils généreraient tout de même « assez de courant pour couvrir les besoins en électricité de l'Europe, ou éventuellement des États-Unis »,

D'après leurs calculs, les chercheurs estiment à trois millions de km2 la surface d'océans à couvrir en éoliennes pour couvrir les besoins énergétiques vitaux de l'humanité estimés à 18 Térawatts (TW).

De par sa situation géographique la France dispose du deuxième gisement de vent européen. Et pourtant elle n’avait jusqu’à présent aucune éolienne en mer. Un retard par rapport au Royaume-Uni (5 Gigawatts), à l’Allemagne (4 GW) et au Danemark (1,3 GW) qui selon l’Agence internationale des énergies renouvelables (ADEME) exploitent déjà à eux seuls près de 90% de la capacité en éolien offshore Européen (12 GW),.

Lors du Grenelle de l’environnement de 2010, un objectif de 23% d’énergies renouvelables dans le mix électrique français d’ici à 2020 avait été fixé. Et, d’après la loi de transition énergétique de juillet 2015, les énergies renouvelables doivent représenter 40% de la production électrique nationale à l’horizon 2030 ; un parc éolien de 20 à 21 GW en mer représenterait 10% de cette production. Il est donc temps d’agir.

Alors qu’il devient urgent de sortir du nucléaire, le développement des énergies renouvelables est crucial. À ceux qui craignent les pertes d’emplois liées à l’abandon du nucléaire, l’ADEME rappelle que la croissance de l’éolien s’accompagne d’importantes créations d’emplois (1,1 million d’emplois directs et indirects au niveau mondial).

Élise Ballet

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