Légaliser le cannabis : Pourquoi ? Comment ?

Dans un projet de loi fourre-tout intitulé programmation pour la justice, le gouvernement prévoit notamment la punition par une amende de l'usage de cannabis. Ce projet de loi sera examiné à partir du 9 octobre au Sénat. Anne Coppel, sociologue, présidente d’honneur de l’association ASUD (Auto-support des usagers de drogues) et François-Georges Lavacquerie, porte-parole du CIRC (Collectif d’information et de recherches cannabiques) esquissent ce que pourrait être selon eux une légalisation de l'usage de cannabis.

Après des années d’escalade de la guerre au cannabis, la légalisation ouvre enfin une voie où s’engouffrent progressivement de plus en plus de pays. Même les Français ont pris conscience de l’échec de la lutte contre le trafic. 52% d’entre eux sont désormais favorables à la vente du cannabis sous le contrôle de l’Etat. Avec les expériences en cours sur le continent américain, au Nord comme au Sud, le débat s’ouvre enfin, même s’il suscite de nombreuses interrogations :

Ne risque-t-on pas de sacrifier la santé des jeunes pour un marché lucratif ? Quelles conséquences aura la légalisation du cannabis dans les quartiers investis par le trafic ? Nous traiterons ici ces questions sous l’angle de la santé publique d’une part et sur le choix du cadre législatif d’autre part.

D’abord, qu’en est-il de la santé publique ? Qu’en est-il de la dangerosité de cette drogue au regard des autres drogues licites ou illicites ? L’interdit est-il nécessaire à la protection de la santé ? Jusqu’à présent, on pouvait penser qu’il n’y avait pas de consensus au sein des experts sur ces questions, mais l’OMS, organisme chargé du classement des psychotropes pour l’ONU vient de décider de trancher ce débat. Le pré-rapport rendu public en juin 2018 à Genève justifie de revoir le classement du cannabis en ces termes : le cannabis se présente comme une drogue « relativement sans danger ». Il n’y a pas de mortalité, les études sur le risque cardiaque n’étant pas fiables. C’est aussi dire que le cannabis, contrairement à l’alcool et au tabac, ne pose pas un problème de santé publique.

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