Le sol, un commun à préserver

Entretien avec Marie Cornu, directrice de recherches au CNRS à l’Institut des Sciences sociales du Politique, co-auteure du Dictionnaire des biens communs, parue en 2017.

Pourquoi bâtir une réflexion sur les communs ?

Il n’y pas un seul espace de la vie publique et sociale qui échappe aujourd’hui au questionnement autour des communs (l’habitat, la création, le vivant, l’environnement, l’entreprise, le patrimoine, la santé).

Les doctrines contemporaines du commun s’expriment dans un contexte où la propriété privée tend à s’étendre à tous les domaines, en développant une vision très privatiste et exclusiviste des choses. Il en va de même de la propriété publique qui ne répond plus toujours à la satisfaction de l’intérêt collectif dès lors qu’elle tend à rapprocher son modèle de la propriété privée.

Ces défaillances à reconnaître les intérêts collectifs dans la gestion des ressources sont de plus en plus contestées. C’est dans ce contexte que sont publiés, dans les années 70, les travaux d’Elinor Osrom* sur les communs fonciers et environnementaux ou plus récemment ceux portant sur les logiciels libres, compte-tenu de la progression de la logique propriétaire qui peut freiner la circulation des savoirs.

il y a un besoin pressant de revenir à une pensée sur le collectif. En tant que juriste, j’interroge comment faire exister juridiquement l’intérêt collectif qui tend à disparaître si on l’appréhende par le canal de la propriété privée ou de la propriété publique. Comment on fait exister cet intérêt collectif, Pour certaines choses dont l’usage est à tous ou à un collectif, comment préserve-t-on cet usage-là, comme encadrer, contrôler, concevoir des garanties,…

Pour lire la suite, abonnez-vous.L’Heure du peuple est un journal insoumis donc sans pub. Pour le faire vivre, n’hésitez pas à vous abonner.

Partager cet article...
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on Google+
Google+
Email this to someone
email