Le révélateur britannique

La campagne qui a lieu au Royaume-Uni sur le maintien ou non dans l'UE est un profond révélateur des intérêts sur lesquels repose l'Europe actuelle. Les deux principales forces ouvertement opposées au brexit se situent en dehors d'un paysage politique pulvérisé. Il s'agit des USA et des marchés financiers. Bien qu'ils ne votent pas, Obama comme la City ont officiellement appelé à voter pour le maintien dans l'UE. Cela révèle crument les intérêts profonds que sert aujourd'hui la construction européenne. Les États-Unis ont toujours utilisé les Britanniques comme cheval de Troie dans l'UE et ils y perdraient un précieux allié dans la négociation du traité TAFTA. Le maintien britannique dans l'UE avec des dérogations facilitant le dumping social, écologique et financier pourrait au contraire servir de laboratoire au futur marché transatlantique. Quant à la City, elle a conforté depuis l'avènement de l'euro son rang de première place financière mondiale et contrôle désormais prés de la moitié des transactions mondiales effectuées en euro. Cela révèle au passage que la monnaie unique a échappé à la zone euro et à sa banque centrale.

Le vote possible des Britanniques pour sortir de l'UE le jeudi 23 juin va-t-il précipiter la remise en cause de l'Europe actuelle ? Encore faudrait-il qu'il soit suivi d'effet. Car comme d'habitude l'UE va essayer de continuer dans le même sens quelle que soit l'issue du vote populaire, comme elle l'a fait à chaque étape de son histoire anti-démocratique. Le président du Conseil européen, Donald Tusk a annoncé qu'il faudrait 7 ans pour que les Britanniques arrivent à sortir de l'UE. Et le ministre allemand des finances Schaüble a assuré que rien ne changerait : « l'Europe fonctionnera si nécessaire aussi sans le Royaume-Uni ». Le gouvernement allemand y voit cyniquement une occasion de resserrer encore son emprise sur l'UE. Francfort se prépare à devenir la nouvelle capitale financière européenne en récupérant une partie des transactions de la City, opération facilitée par la fusion entre le London Stock Exchange et la Deutsche Börse. Tous ces préparatifs sont destinés à faire passer le goût de la liberté à d'éventuels autres peuples qui seraient tentés de sortir de l'UE. Cela révèle plus que jamais l'UE comme un empire qui a colonisé les nations qui l'ont constituée et dont on ne peut pas sortir librement, ni en changer les règles. Plus les voies de résolution démocratiques seront ainsi fermées plus cette Europe conduira le continent à des solutions violentes. C'est à la perspective de véritables guerres d'indépendance que l'UE accule aujourd'hui les peuples.

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