Le retour du Gaz de Schiste

Depuis le 28 janvier, la recherche d’hydrocarbures de schiste est à nouveau autorisée sur cinq départements (Ardèche, Drôme, Gard, Hérault et Vaucluse). Un permis avait été attribué à Total en mars 2010 puis annulé en 2011 suite à l’adoption de la loi Jacob interdisant la technique de fracturation hydraulique sur le territoire français. Mais, le 28 janvier dernier, le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise est revenu sur cette dernière décision.

Les dangers de cette méthode, consistant à injecter sous très haute pression un fluide destiné à fissurer la roche, ont été largement prouvés ces dernières années. Une étude publiée dans la revue Nature en janvier 2016 montre les risques graves pour la santé des produits chimiques présents dans les fluides de fracturation. L’observation de tremblements de terre dans l’Oklahoma en juin 2015 (35 secousses en 7 jours) a également mis en valeur les risques sismiques liés à cette technique.

Prenant acte de cette dangerosité, la loi Jacob contraint les titulaires de permis à remettre à l’autorité administrative un rapport précisant les techniques employées et abroge les permis liés à la fracturation hydraulique. Dans son rapport sur le permis de Montélimar, Total affirme ne pas y avoir recours : l’abrogation du permis, décidé en 2011, n’est donc pas conforme à la loi.

En fait, après avoir cherché à masquer la vérité en faisant pression sur l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), les industries pétrolières et gazières concentrent maintenant leurs efforts sur le développement de méthodes alternatives de fracturation qui ne sont pas interdites en France. Pourtant, aucune technique ne pourra répondre au problème central : la contribution à l’effet de serre de la combustion des hydrocarbures et son impact sur le climat, qui menace la survie même de notre écosystème.

Il y a trois mois, à l’occasion d’une COP21 plus que décevante, la France s’est engagée à maintenir la hausse des températures bien en dessous des 2° C. Les rapports de l’Agence Internationale de l'Energie (AIE) démontrent qu’un tel objectif nécessite de renoncer à exploiter une grande partie de nos ressources en combustible fossile. Pour remplir ses objectifs, la France devrait donc renoncer à l’exploitation des hydrocarbures de schiste et concentrer ses efforts financiers et technologiques sur la conversion écologique de notre appareil productif. La mobilisation nationale du 28 février à Barjac (Gard) est là pour le lui rappeler.

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