Le plan B s’affirme face à Merkhollande

Vingt-cinq ans après avoir reçu la visite de Mitterrand et Kohl, le Parlement européen a accueilli mercredi 7 octobre François Hollande et Angela Merkel. En 1991, la réunification allemande était conditionnée par la France à l’engagement de passer à la monnaie unique européenne. Mitterrand croyait ainsi stopper toute velléité future de domination allemande. Mais c’est la nouvelle Allemagne réunifiée qui donna à l’Union économique et monétaire son ADN économique : l’ordolibéralisme. 25 ans plus tard, ni la réunification, ni la monnaie unique n’ont tenu leurs promesses. Loin de procurer stabilité et prospérité, elles ont accru les inégalités, creusé le chômage et exacerbé la violence. L’Union économique et monétaire ne survit que par la force irresponsable de sa banque centrale indépendante et au prix de rustines juridiques et financières toujours plus baroques.

Ignorant cet échec, Merkel et Hollande ont plaidé pour renforcer encore cette Europe toxique. Devenu une sorte de disciple zélé de Merkel, le président français a défendu tous les mantras de l’Europe austéritaire : respect des « règles » d’austérité, pourtant inapplicables, foi dans le libre-échange, gestion bureaucratique et sécuritaire de la crise des migrants par « quotas ». Moins idéologue, Merkel s’est contentée d’annoncer brutalement que des migrants économiques allaient devoir être expulsés pour « faire de la place » pour les réfugiés.

Ayant choisi d’être les deux faces de la même pièce austéritaire, Merk’Hollande se trouvent dans un isolement politique et civique sans précédent dans une Europe bloquée. C’est au même moment que Jean-Luc Mélenchon et 7 députés européens de 5 pays avaient décidé de lancer un « réseau européen des parlementaires pour un Plan B ». Une manière de dire que rien de nouveau ni de positif ne pourra désormais se décider en Europe sans les représentants du peuple. Un plan B dont ils ont annoncé que la 1ere conférence internationaliste se tiendrait les 14 et 15 novembre à Paris, en présence de représentants du monde entier, économistes, experts, élus, syndicalistes. Pour la députée allemande Sabine Lösing, « il s’agit d’installer un processus permanent autour de discussions sur l’euro et l’UE qui existent déjà en Europe. ». Et Jean-Luc Mélenchon de souligner que « la variété de nos propositions est une force pour répandre dans tous les pays l’idée d’un Plan B ». L’aspiration désormais pressante des peuples européens à rompre l’édifice actuel de l’UE et à le refonder a enfin une chance de se concrétiser.

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