Le cap gouvernemental

Les incertitudes de la gestion gouvernementale pourraient faire croire à une forme d’incompétence. Et sans doute que les agitations de certains ministres démentis dès le soir de leurs annonces en est un signe. Cependant ils ne sont pas désavoués et restent en place. La raison en est simple, la tête de l’exécutif considère que peu importe leur action contre la pandémie du moment qu’ils continuent à dérouler la feuille de route des contre-réformes voulues par Emmanuel Macron.

Les protocoles dans l’éducation changent de semaine en semaine, prenant de court des équipes de direction découragées, accentuant le sentiment des enseignant.e.s de n’être bons qu’à faire de la garderie, mais dans la même période le baccalauréat finit d’être mis à mort par la réforme du lycée qui s’applique cette année aux classes de terminales.

Le gouvernement aurait dû préparer le pays à la seconde vague, qu’il brandit comme une menace depuis des mois, mais qu’a-t-il fait ? Il n’a pas construit de structures d’accueil pour la hausse des contaminations, comme cela a été fait dans nombre de pays, annonçant l’engorgement des hôpitaux. Conformément à son programme néo-libéral il n’est pas du tout revenu sur des années de casse du service hospitalier – malgré le discours lénifiant du « quoi-qui’il-en-coûte ». Les soignant.e.s se sont vu.e.s donner l’aumône et aucun plan majeur d’embauche n’a été engagé. Il aurait dû mettre en place des centres de tests, mais en bon libéral il se contente de parier sur le réseau des laboratoires privés existant, vite débordés. Pire encore, lorsque le centre Pasteur de Lille demande 5 millions d’euros pour expérimenter un traitement prometteur, il se trouve obligé de se tourner vers la Région Hauts-de-France en dehors d’un financement d’État.

Cette inaction ne se comprend que dans le contexte ordo-libéral. Le marché, comme par magie pourrait venir guéri de l’épidémie. Les industriels sont soutenus, quel que soit leur moins disant social ou environnemental, pour le reste chacun.e doit se débrouiller. Les masques sont obligatoires, mais payants ; les tests sont conseillés, mais il faut s’arranger pour en faire en faisant la queue tôt le matin avant d’aller travailler. En même temps, comme pendant le confinement, l’arbitraire de l’exécutif s’affirme. Jouant la faussement concertation avec des collectivités territoriales et refusant de s’avancer en première ligne, les ministres désormais délèguent en fait les mesures portant atteinte aux libertés individuelles et au lien social aux Préfets qui s’exécutent docilement. Nous consentons à des mesures qui portent atteinte à notre vie sociale, culturelle, familiale acceptant l’interdiction des rassemblements, les rencontres. En revanche jamais le gouvernement n’a mis en œuvre les mesures, pourtant également prévues par la loi, qui auraient bloqué les prix des tests ou des masques.

La contestation de cette gestion fera œuvre de salubrité publique. Elle passe par la dénonciation des mesures de plus en plus arbitraires aux mains de l’exécutif.

Benoît Schneckenburger 

 

 

 

 

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