Le 5 mai contre Macron et son monde

La manifestation nationale de samedi 5 mai à Paris est l’occasion d’exprimer fortement les colères populaires contre Emmanuel Macron. On a tous une bonne raison de dire « stop Macron » : hausse de CSG, privatisation rampante de la SNCF et recul du service public ferroviaire, manque de personnels dans la santé, licenciements chez Carrefour, mise en place de la sélection à l’université, loi asile-immigration, ou encore abandon de tant de villes, villages et banlieues au profit des beaux quartiers des métropoles. Le « pot-au-feu » ne manque pas d’ingrédients ! Un an après son élection, Macron, ça suffit comme ça ! Même Hollande, qui a beaucoup à faire oublier, est obligé de critiquer « le président des très riches » pour espérer vendre son livre. Alors qu’il a créé Macron de toutes pièces, c’est un signe de plus que le vent tourne !

Le 5 mai met en résonance des aspirations communes au mouvement social perlé de ce printemps : l’attachement au service public, à la justice sociale et fiscale, à la volonté de maîtriser sa vie, ses études, son métier, sa retraite sans être plongé dans la précarité ou la privation. Le 5 mai n’est pas seulement l’occasion de dire « non » à Macron et son monde injuste, cupide et violent. Il porte une autre vision de la société, plus juste, plus humaine, plus harmonieuse aussi. En un mot, plus républicaine.

Un 5 mai réussi à Paris peut changer la donne. Il donnera de l’élan à ceux qui se battent. La bataille va donc continuer.

C’est un peu « en mai, lutte comme il te plaît ». Une « journée sans cheminots » est prévue le 14 mai. Une « marée blanche » des hospitaliers le lendemain. Tous les syndicats de fonctionnaires appellent à une nouvelle grève le 22 mai. Macron aussi prépare la suite. Dans son viseur, le temps de travail. Sa réforme des retraites se prépare pour 2019. Et il prépare l’imposition d’un nouveau jour de travail gratuit au titre de la « solidarité » avec les personnes dépendantes. Le 5 mai sera ainsi un maillon de la chaîne de résistance.

Macron n’en a pas fini avec le peuple français. Mais pour le faire reculer, la nécessaire convergence politico-sociale reste à l’ordre du jour. Le succès populaire de la manifestation de samedi peut faire résonner fortement cette exigence. C’est aussi son enjeu : être une étape dans cette voie. Vaincre Macron et son idéologie exige une bataille au long cours pour convaincre dégoûtés et désorientés. Ce n’est pas une lutte superficielle ni seulement nationale. L’Europe regarde la France. Ses services publics, sa sécurité sociale sont la dernière digue face à l’ultralibéralisme de la Commission européenne. La caste craint le retour d’un peuple insoumis en France et en Europe aussi. A nous de lui donner raison d’avoir peur en nous donnant des raisons d’espérer !

Matthias Tavel

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