Le 21 mars 1935 : Quand la Perse devient l’Iran

Dans l’Antiquité les Iraniens appelaient leurs territoires Parsa, du nom de l'empire de Cyrus le Grand, roi perse. Mais l’état unifié par le souverain fut appelé Aryanam, qui signifie noble, devenu Aryan puis Iran.

Jusqu’au début du XXè siècle les dynasties se succèdent. Les marchands et les Oulémas (chefs religieux) dominent la société au détriment d'une autorité centrale forte. Le peuple est exploité par des dirigeants corrompus, les puissances coloniales lorgnent sur ce territoire stratégique dans lequel on a découvert du pétrole.

Le 21 mars 1935, Reza Shah Pahlavi publie un décret demandant à toutes les relations étrangères du pays de désigner celui-ci sous le nom d'Iran dans leurs correspondances officielles. Bien que le terme Perse ne disparaisse pas, cette étape marque la volonté de modernisation du pays: développement de l'industrie, création d’un système public d’éducation nationale, réforme de la justice (jusque-là contrôlée par le clergé chiite), création du code civil iranien, amélioration du système de santé... Depuis la fin de la Première guerre mondiale, cet officier énergique tente de reprendre le contrôle d'un territoire convoité par les Russes et les Anglais. Comme il leur refuse d'acheminer du matériel à travers l'Iran durant la Seconde guerre mondiale, son pays est envahi et il doit abdiquer au profit de son fils Mohamed Reza Shah Pahlavi.

Dès lors du côté des Alliés, l’Iran accueille la conférence de Téhéran et voit Churchill, Roosevelt et Staline réaffirmer leur engagement sur son indépendance.

Dix ans plus tard, le premier ministre Mohammad Mossadegh, tente de nationaliser l'Anglo-Iranian Oil Company. C'est un fait sans précédent. Il est évincé par les services secrets britanniques et américains mais lorsque la crise pétrolière éclate en 1974 , après la guerre du Kippour, le shah  est le premier à réclamer une augmentation des redevances versées aux pays exportateurs. L’Iran entre ainsi dans une période de prospérité fulgurante et de modernisation accélérée mais la société, bouleversée dans ses racines, souffre du manque de liberté.

En 1978 éclatent les premières manifestations de rues. Le clergé chiite, réfractaire à cette modernisation, les attise habilement. Son principal représentant, l'ayatollah Khomeyni, en exil depuis quinze ans, prend la tête de la République islamique après la fuite du shah.  La grande jubilation autour de la destitution du Shah n'empêche pas les nombreux désaccords sur l'avenir de l’Iran...

 

Bérénice Hemmer

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