Le 12 juin 1933 : Conférence économique de Londres

A la suite du krach de 1929, l'Europe suit les Etats-Unis dans la crise. En 1933, du 12 juin  au 27 juillet, est organisée une conférence économique et monétaire qui doit restaurer la stabilité financière du monde.

Avec la nomination d'Hitler à la chancellerie du Reich en janvier, le monde économique voit se profiler la forme concrète de la menace qui plane en cas d'échec. Il n'est néanmoins pas question de se convertir non plus à la révolution bolchevique.

C'est surtout la question de la monnaie qui divise. Le contexte n'est pas favorable au libre échange. Les renoncements successifs de certains pays à la convertibilité en or ont crée 3 zones monétaires. La zone Livre Sterling regroupe depuis 1931 le Royaume Uni et les pays qui commercent traditionnellement avec elle : Brésil, pays scandinaves, Portugal, Egypte et les pays du Commonwealth (sauf Canada). Cette zone s'oppose au Bloc-Or formé autour du franc, composé de la Belgique, la France et ses colonies, l'Italie, les Pays-Bas, la Pologne et la Suisse. Enfin les Etats-Unis occupent la zone dollars créée depuis peu.

Deux pistes s'affrontent pour tenter de relancer les échanges. Réinstaurer un étalon-or solide, qui a la vertu d'équilibrer automatiquement les balances commerciales, ou instituer un cours flottant, renforçant la tendance des nations à disposer librement de leur monnaie. Le monde est suspendu aux résultats

En plein lancement du New Deal, les Etats Unis sont plutôt attachés à leur liberté monétaire, notamment dans le but de favoriser leur relance budgétaire. La solution des allemands et des français permettrait d'effacer leurs dettes, et de favoriser la sortie de crise. Problème, cette dette est détenue en grande partie par les américains, qui ne voient pas d'un bon œil cet effacement pur et simple. Ceux-ci répliquent en estimant que la crise a surtout été due aux dépenses des Etats, notamment en armement, et à une mauvaise gestion monétaire. L'ambiance de cette conférence est orageuse. Au titre des anecdotes, on assiste au plantage en vol du ministre nazi de l'Économie et de l'Alimentation qui dévoile, enthousiaste, tout le projet d'expansion de son pays vers l'est. Il est désavoué publiquement, rapatrié en urgence et démis de ses fonctions.

Le 3 juillet, alors que l'agenda comprend encore plus de 3 semaines de négociation, Roosevelt envoie un télégramme. « Le taux de change de la monnaie nationale est moins important que les autres valeurs économiques ». Toute l'entreprise est rendue caduque.

Sylvère Cala

 

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