Forts dans la tempête

Alors que la Ve République traverse la plus grosse et la plus longue tempête politique de son histoire, le week-end du 5 février a ramené le débat public à sa réalité matérielle. Celle du nombre de personnes qui s'intéressent concrètement aux campagnes des différents candidats à l'élection présidentielle, au-delà des apparences médiatiques et sondagières. La France insoumise a une nouvelle fois montrer le visage du grand nombre. Dans les salles, avec plus de 18 000 personnes entre Lyon et Paris. Alors que Macron réunissait une dizaine de milliers de personnes et Le Pen quelques milliers. A la télévision aussi, où l'audience totale des retransmissions du discours de Jean-Luc Mélenchon est arrivée en tête, alors même qu'il était moins bien retransmis que celui de Le Pen. Le fait que deux chaînes de télévision dites d'information aient choisi de couper le discours du premier pour retransmettre en intégralité celui de la seconde est un triste signe du réveil du lepénisme médiatique qui continue de ronger une partie de la presse. C'était sans compter sur une autre démonstration matérielle, sur internet cette fois, où le discours de Jean-Luc Mélenchon a été visionné par 60 000 personnes en direct, puis plus de 350 000 personnes en différé.
Ce week-end remet donc les pendules à l'heure dans la nouvelle phase de campagne qui s'ouvre. L'instabilité en reste la propriété dominante. Contrairement à ce qu'aimeraient croire beaucoup d'éditorialistes, il n'y plus aujourd'hui aucune évidence sur qui seront les candidats présents au second tour de la présidentielle. Les citoyens doutent à juste titre de l'offre politique. Dans ce contexte instable et incertain, la force de la France insoumise n'est pas que quantitative. Elle offre une stabilité de fond et une cohérence uniques dans la tourmente. Car sa dynamique est ancrée dans les idées de son programme l'Avenir en commun. Il n'est pas sorti d'un chapeau mais a richement mûri depuis 2012. Alors qu'on ne sait même pas à 78 jours du vote quels sont exactement les programmes de Macron, Hamon et Fillon ! Seront-ils les prolongements du programme qu'ils appliquaient quand ils gouvernaient ? Se distingueront-ils de ceux de leur parti si ces derniers en avaient un ? Reprendront-il ceux de leurs soutiens, fluctuant au gré des ralliements ? Rien de tel chez Jean-Luc Mélenchon, dont le programme est sur la table depuis des mois. Cette clarté du programme permet à la France Insoumise de mener une campagne éducative. Et de faire de la compétition électorale une bataille culturelle. Pour que, quelque soit le résultat de l'élection, le camp de l'émancipation ait durablement progressé dans les têtes. Et donc dans tout ce qui fait vivre le pays au-delà de ceux qui le dirigent.

Crédits photo : Stephane Burlot

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