Européenne. Rapport de force et désobéissance.

Entretien avec Emmanuel Maurel, député européen, fondateur de APRES, candidat de la FI.

Vous êtes, depuis 2014, député européen. Quel bilan tirez-vous de ces presque 5 années au Parlement ?

Quand j’ai intégré le Parlement européen, j’avais déjà une longue expérience de militant et d’élu. Je n’arrivais pas vierge, je connaissais le Parlement, j’avais enseigné le droit communautaire... Mais j’avais encore quelques illusions sur notre capacité à changer les choses de l’intérieur. Le désenchantement a été rapide. On a assisté à une succession de crises : crise de la zone euro, crise « des réfugiés », Brexit, montée des extrêmes-droites en Europe de l’Est… Face à cela, j’ai eu le sentiment que les dirigeants politiques de l’UE étaient incapables de dresser un diagnostic juste sur l’état de l’Union, incapables d’agir. Mais ce qui m’a vraiment surpris, c’est la violence exercée par les instances européennes au moment de la crise grecque. Il faut se rappeler avec quelle violence, quelle morgue, les dirigeants européens ont traité le gouvernement grec. J’ai un souvenir cuisant de la venue d’Alexis Tsipras au Parlement européen, et de la manière dont il a été maltraité par tous les dirigeants de groupes qui se succédaient pour lui parler comme à un enfant, dispendieux, irresponsable… Alors que deux semaines plus tard, Viktor Orban est venu au Parlement européen et a été accueilli avec complaisance. Là, j’ai basculé dans la colère politique – par rapport à la droite allemande, qui mène la danse au Parlement, mais aussi par rapport à une partie du PSE.

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