Leur Europe c’est la guerre

L'Europe est tellement malade qu'elle ne croit même plus à ses propres mythes fondateurs. L'Europe à plusieurs vitesses vantée par Merkel et Hollande enterre ainsi tout idéal d'égalité entre européens. En 1992, Jacques Delors avait pourtant promis : « Votez Oui à Maastricht et on se remettra au travail tout de suite sur l’Europe sociale. » Vingt-cinq ans plus tard, non seulement l'Europe sociale n'existe pas mais elle a aggravé les inégalités et la compétition des travailleurs au détriment de leurs droits. Une délocalisation d'entreprise française sur deux a lieu dans l’Union européenne. Car l'écart de prix du travail est de 1 à 7 rien que dans la zone euro. Et via la directive sur le détachement de travailleurs, votée par le PS et LR, le dumping social se poursuit à l'intérieur même de chaque État, en permettant à des entreprises de ne pas payer les cotisations sociales du pays où le travail est effectué.

N'osant même plus faire de promesses sociales que plus personne ne croit, l'UE s'engage sur un nouveau terrain : celui de l'intégration militaire. Les ministres européens de la défense ont décidé qu'un commandement militaire européen serait créé à Bruxelles. Car comme l'a dit François Hollande, avant de recevoir Merkel à Versailles, « aujourd’hui, l’Europe peut se relancer par la défense. C’est ce que les Européens doivent avoir, en cohérence avec l’OTAN, comme priorité ». L'idée d'une défense européenne indépendante des USA est donc d'emblée écartée. Et avec elle l'idéal de paix que l'Europe était censée porter. Hollande a même cru bon de préciser : « L’Alliance [Atlantique] est nécessaire et l’Europe de la défense n’est en aucune façon contradictoire ou concurrente. Les Européens doivent augmenter leur effort de défense. La France a décidé de le porter à 2 % du PIB dans les cinq prochaines années. »

Cette déclaration intervient justement après que Trump a rappelé l'UE à l'ordre en janvier : « Les pays membres ne payent pas ce qu'ils devraient. Mais nous devons protéger ces pays. Il n'y a que cinq pays [sur 28 – ndlr] qui paient ce qu'ils doivent. » Et son vice-président Mike Pence a rappelé en février à Bruxelles que « le président Trump attend de ses alliés qu’ils tiennent leur parole. Le temps est venu d’en faire plus ». Et Trump viendra en personne ramasser le tribut de cette soumission renforcée aux États-Unis le 25 mai prochain pour le sommet de l'OTAN à Bruxelles. Hollande prétend par avance y soumettre la France. C'est en réalité son successeur qui devra prendre la décision. Celle de rester dans l'OTAN et de se soumettre à Trump comme le reste de l'UE. Ou d'en sortir pour retrouver une défense indépendante au service de la paix.

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