État d’urgence climatique

Sous le règne global du capitalisme financiarisé, les urgences les plus avérées pour l'humanité ne sont pas celles des puissants. Leur affairisme diplomatique et médiatique est inversement proportionnel aux résultats concrets qu'ils obtiennent pour affronter la catastrophe climatique. Les acquis de lutte contre le réchauffement n'ont en effet cessé de reculer à mesure où s'approchait l'ouverture de la COP 21. Les engagements de plus de 180 États conduiraient à un réchauffement de plus 3 degrés contre 2,7 quand 145 États avaient répondu. Alors que le réchauffement potentiellement maîtrisable se situe à 1,5 degrés. L'idée d'un accord réellement contraignant est aussi abandonnée, alors que c'était le cas au départ en 1997 avec le protocole de Kyoto. Quant aux solutions concrètes mises en avant, les plus évidentes, les énergies renouvelables, ne sont même pas mentionnées. Mais les plus inefficaces, la cotation du carbone sur des marchés, le sont.

Ainsi préparées sous la houlette de Hollande et Fabius, les négociations ne pouvaient commencer dans de pires conditions. Alors que la survie de l'humanité est menacée à horizon 2100. Que des États entiers peuplés de centaines de millions d'habitants le sont dès 2050. Et que 600 000 personnes ont déjà péri dans des catastrophes climatiques depuis 20 ans selon l'ONU.

De telles négociations ne peuvent aboutir à des solutions valides en continuant d'ignorer deux réalités matérielles. La première est la toxicité globale du capitalisme productiviste pour l'écosystème humain. Et donc la nécessité d'introduire des ruptures concrètes avec ce modèle pour stopper le réchauffement. La deuxième est géopolitique. Un axe d'irresponsables, véritables criminels climatiques, est composé des États-Unis et de l'Arabie Saoudite, les deux premiers producteurs mondiaux de pétrole. Alors que ces derniers régressent dans leurs engagements, les BRICS au contraire, sous l'impulsion de la Chine et du Brésil, progressent fortement. Bien sûr pas assez. Mais au moins montrent-ils un exemple plus ambitieux que l'Europe qui se contente d'objectifs de réduction des émissions inférieurs à ce qu'elle sait déjà qu'elle peut réaliser. Sans parler de l'exemple calamiteux donné par la première puissance économique du continent, l'Allemagne qui continue d'émettre plus de CO2 par habitant que la Chine et deux fois plus que la France. Alignés politiquement sur les irresponsables et plus que jamais distants des BRICS, Hollande et Fabius seront complices d'un échec historique devant l'humanité. Ce sera une raison supplémentaire pour les Français de les chasser en 2017.

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