En finir avec le cauchemar de 2007

Extraits du blog de Jean-Luc Mélenchon

Mes interventions fonctionnent dorénavant dans un entre-deux compliqué à gérer. Désormais investi par la Conférence nationale du PCF, je suis le seul à être inscrit dans un cadre collectif puisque ma candidature est à cette heure proposée par les trois directions politique des partis du Front de Gauche. En même temps la décision finale n’est pas prise comme chacun le sait et je n’ai pas l’intention de l’anticiper.

Pourtant la tonalité de mes contradicteurs reste dans le style d’un tir de barrage extrêmement brutal. J’ai noté, en lisant l’article du « Monde » sur le sujet, que l’un d’entre eux au moins, profondément hostile à la stratégie du Front de Gauche, ne cache pas une claire intention destructrice. André Gérin dit vouloir obtenir que la proposition de la conférence nationale communiste soit battue ou que ma candidature soit si mal soutenue dans les votes que toute la démarche qui la sous tend soit détruite. Comme je sais très bien que tout cela n’a aucun caractère personnel et que c’est une ligne d’action qui est mise en cause, j’avance serein. Advienne que pourra. La ligne du Front de Gauche a un bilan, à travers trois élections déjà. Chacun peut l’apprécier en connaissance de cause. Je ne veux donc pas entrer aujourd’hui davantage qu’à aucun moment je ne l’ai fait, depuis les neufs mois que dure la procédure, dans une quelconque polémique interne du PCF. Ni de répondre aux très durs coups qui continuent de m’être portés alors même que le cadre collectif est en place.(…). Cependant je forme le vœu que le respect et la fraternité soit de mise. Il est inutile de se cacher que bien des dégâts ont déjà été faits quand on n’a entendu pendant des mois que des arguments personnels à charge. La priorité ne doit pas être, comme au PS ou chez les Verts,  le jeu de massacre des personnes. La vérité c’est que la priorité est de porter le regard là ou se joue la vraie partie : vers la société, le grand nombre, le peuple. 

Dans ma conception, il ne s’agit pas seulement de faire un rassemblement autour d’un candidat, ce qui est toutefois indispensable pour cristalliser un vote. L’essentiel est de construire une candidature commune qui rende possible le rassemblement le plus large possible. Cette tache est d’autant excitante à conduire que la scène s’est profondément modifiée à gauche. Depuis le retrait d’Olivier Besancenot et la sortie de piste de DSK, avec l’ouverture des primaires chez les verts et au PS, la situation est moins figée. Chacun va devoir tacher de convaincre et sera contraint de passer sur le terrain des propositions et des cohérences d’ensemble. (…)

L’événement politique qu’est cette investiture d’un candidat commun avec un programme partagé et un accord électoral sur la totalité des circonscriptions législatives de métropole est un tournant dans notre gauche. Je mesure tout à fait l’immensité de la distance qui reste à couvrir. J’y ai assez pensé ! J’ai assez tourné et retourné les arguments et les raisonnements, seuls ou avec tous ceux qui depuis le début portent ce projet pour savoir que tout ne fait en réalité que commencer. Mais il faut que ce premier palier soit atteint. Il faut que la force de rassemblement l’emporte entre nous, si nous voulons que sa dynamique atteigne et nourrisse celle qu’il faut faire naître dans le pays. Dans les prochains jours, la FASE et le groupe sorti du NPA à son dernier congrès, Convergences et Alternatives, vont également se prononcer. Je garde espoir que le débat du NPA ne ferme pas toutes les portes. Si nous y parvenons, le cauchemar de l’émiettement mortel de 2007 sera fini.

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