Notre-Dame-des-Landes : la victoire et l’après !

Après des décennies de lutte, le projet d’aéroport est définitivement abandonné.

Peu avant 13h, mercredi 18 janvier, le premier ministre Édouard Philippe a annoncé l’abandon du projet de construction d’un nouvel aéroport dans le bocage nantais. C’est une grande victoire pour les agriculteurs et agricultrices qui se sont et battus pour leurs terres, pour les nouveaux venus ces 10 dernières années sur la Zone à défendre (ZAD) et qui ont rendu concrets d’autres possibles, pour les militants et militantes qui ont apporté leur soutien à la lutte, partout en France. Ils ont cru qu’un autre monde était possible et ils l’ont fait.

Et maintenant ?

L’annonce ministérielle ne va pas sans contrepartie. Le gouvernement veut faire disparaître la ZAD, « rétablir l’État de droit ». Les chicanes installées sur la route D281 traversant la ZAD devront être enlevées dans les jours qui viennent, ce que les opposants sont disposés à faire eux-mêmes. Les habitants « illégaux », qui font vivre la ZAD sans titre de propriété, devront quitter les lieux à la fin de la trêve hivernale, sous peine d’expulsion.
Cette volonté de faire de l’expulsion de la ZAD un exemple de fermeté est contre-productive et dangereuse. Surtout quand un vrai projet alternatif existe, pensé et débattu collectivement par les premiers intéressés ! Dans un texte publié fin 2015, les opposants rejetaient déjà les expulsions et annonçaient vouloir continuer pour longtemps à « prendre soin de ce bocage, de ses habitant.e.s, de sa diversité, de sa flore, de sa faune et de tout ce qui s’y partage »  . Un possible qui peut aujourd’hui devenir réalité, dans lequel conserver et étendre la vocation agricole de la ZAD est aussi essentiel que la poursuite des expérimentations en matière d’agriculture, habitat, d’organisation collective...

Enracinons l’avenir

Une part croissante de la population réalise que l’aménagement du territoire, la fourniture de nouveaux services, ou la nécessité industrielle ne sont que des prétextes pour satisfaire les intérêts économiques des entreprises du BTP, des industries agro-alimentaires, de la grande distribution, avec l’aval ou la complicité de l’État. Cette prise de conscience se double dorénavant d’une envie d’agir et les luttes contre les grands projets inutiles (site d’enfouissement de Bure, LGV Lyon-Turin, EuropaCity… ) se multiplient. Il est certain que la victoire à Notre-Dame-des-Landes donnera des forces et de l’espoir à tous leurs protagonistes.

Malgré les incertitudes sur l’avenir de la ZAD, l’heure est à la célébration ! C’est le but du rassemblement annoncé sur la ZAD pour fêter la préservation du bocage, le samedi 10 février au lendemain de la caducité de la déclaration d’utilité publique signée le 9 février 2008, avec pour mot d'ordre « Enracinons l’avenir » !

Diane Coulomb

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