Commission parlementaire : malbouffe fruit de l’agro-industrie.

3 questions à Loïc Prud’homme, député FI, président de la Commission d’enquête sur la malbouffe.

Les députés LREM ont refusé d’interdire le glyphosate. Quel est lien entre pesticides et alimentation ?

Partout dans notre alimentation on trouve des résidus de glyphosate. Pour produire massivement des aliments identiques, l’agro-industrie demande aux agriculteurs de produire toujours plus en les rémunérant toujours moins. Ces derniers recourent alors aux pesticides car il suffit d’une seule maladie pour perdre un champ entier de blé. 49% de nos aliments, soit un échantillon sur deux, contiennent des résidus de pesticides. Et ce sont notamment des produits de l’alimentation industrielle.

C’est pour cette raison que vous avez demandé une commission d’enquête ?

Au-delà des pesticides, des dizaines d’études confirment les liens entre la « malbouffe » et diverses maladies dont les cancers et le diabète. C’est un scandale sanitaire qui représente les deux tiers de nos dépenses de santé. Donc on a voulu vérifier : l’agriculture chimique et l’industrie alimentaire sont-elles la cause de ces pathologies chroniques ? Nous nous sommes intéressés aux additifs, au sel, au sucre et aux graisses saturées en trop grandes quantités dans notre alimentation. Et plus globalement aux produits ultra-transformés. Quand on lit la composition d’un produit et qu’on est incapable d’aller acheter les ingrédients écrits sur l’étiquette à l’épicerie du coin, c’est qu’il y a un problème !

Que retenir de cette enquête ?

Que les pouvoirs publics sont au courant de ce scandale sanitaire. Pour autant, le gouvernement compte uniquement sur les engagements volontaires des industriels pour améliorer la situation. C’est au mieux une illusion, au pire une association de malfaiteurs.

Que derrière ce scandale, il y a des lobbyistes très puissants avec un marketing omniprésent. Ils mentent sur les qualités nutritionnelles des produits qu’ils vendent et ils continuent de faire de la publicité à la télé pour nous convaincre d’empoisonner nos enfants.

Qu’il n’y a ni politique publique alimentaire ni éducation nutritionnelle. Il faudrait une heure hebdomadaire pour apprendre aux enfants à bien se nourrir. Cette heure pourrait être celle d’un déjeuner pédagogique gratuit à la cantine car la précarité alimentaire est réelle. La moitié des français vivant avec moins de 1200 euros par mois peinent à payer la cantine de leurs enfants !

Nous dénonçons cette double peine : peiner à se nourrir correctement et en plus s’intoxiquer en engraissant l’agro-industrie.

Manon Drevin

Partager cet article...
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on Google+
Google+
Email this to someone
email