Chili: Insurrection chilienne

Vendredi 1er novembre, après deux semaines d’intenses manifestations, les Chiliens sont une nouvelle fois descendus vers la Plaza Italia, l'épicentre des révoltes à Santiago. L’explosion sociale perdure.

Réveil du peuple

Sur bien des points, notamment les éléments déclencheurs de l’insurrection, l’Octobre Chilien pourrait être interprété à la lumière des épisodes entre autres bolivariens ou équatoriens. Pourtant le Chili, comme chaque foyer révolutionnaire, a ses particularités. Octobre 2019 apparaît comme le troisième round d’une salve de mouvements sociaux. Remontons à 2006. À cette époque, seize années se sont écoulées depuis la fin de la dictature de Pinochet (1973-1990). Les jeunes chiliens protestataires de 2006, surnommés les « pingouins » en raison de leurs uniformes bleu marine et leurs chemisiers blancs de collégiens, occupent l’espace public par centaines de milliers. Ils sont jeunes et révoltés, et n’ont pas inculqué l’esprit de terreur qui tétanisait leurs parents ayant vécus et survécus à la dictature. L’opinion publique s’y rallie. Universités payantes, inégalités entre le public et le privé, mauvaise qualité de l’enseignement, ce sont là tout autant de raisons qui poussèrent à cette fronde inédite, baptisée « Révolution des pingouins ». Acte I d’une longue série. La génération qui embrasse l’insurrection d’aujourd’hui en est l’héritière. En 2011, lors du second mouvement social d’ampleur du Chili, les jeunes « pingouins » ont grandi et se confrontent une nouvelle fois contre les vestiges de l’ère Pinochet. Les slogans « "¡ Y va a caer, y va a caer, la educación de Pinochet !" ("Et elle va tomber, et elle va tomber, l'éducation de Pinochet !") retentissent des mois dans les rues de Santiago, formant par là-même une nouvelle citation révolutionnaire.

Pour lire la suite, abonnez-vous.L’Heure du peuple est un journal insoumis donc sans pub. Pour le faire vivre, n’hésitez pas à vous abonner.

Partager cet article...
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on Google+
Google+
Email this to someone
email