Ça déraille !

En se laissant porter par l’écume médiatique, on pourrait se dire que la macronie est à portée de fusil d’un scandale d’ordre privé comme dans sa campagne municipale parisienne. Déjà, la phobie administrative de Jean-Paul Delevoye avait montré les failles d’un système où l’impunité des puissants alimente leur irresponsabilité.

Mais le mal est plus profond. Cela déraille complètement pour les Macrons et leurs alliés. En Angleterre, les partisans du Brexit ont rudement battu les partisans de l’UE et les hésitants. En Allemagne, l’héritière désignée de la chancelière Merkel vient de jeter l’éponge sans attendre l’échec qui lui était promis aux prochaines législatives. Les « libéraux » allemands, possible roue de secours, viennent de finir dans le fossé des élections régionales de Thruinge après avoir accepté d’être élus à la présidence du Land avec les voix de l’extrême-droite.

La force des réactionnaires et conservateurs est lourde de menaces. Mais le déraillement laisse parfois entrevoir un train d’espoir. En Irlande, le Macron local, Premier ministre sortant, est nettement battu. C’est le Sinn Fein qui réalise une percée historique aux législatives du 8 février en arrivant premier, avec plus de 24% des voix, soit plus de 13 points de hausse par rapport à des européennes décevantes l’an dernier. Le fruit d’une campagne ancrée dans l’exigence sociale et démocratique du peuple irlandais.

Aux États-Unis, les « marcheurs » locaux espéraient en l’ex vice-président d’Obama Joe Biden. Patatras. Dans les deux premiers Etats où les primaires du parti Démocrate ont eu lieu, il est lourdement battu. Déjà les libéraux changent de cheval pour soutenir Pete Buttigieg. Il faut dire que l’heure est grave pour eux. Trump résiste et surtout, c’est Bernie Sanders qui l’a emporté dans les deux premiers votes ! Là encore, l’exigence de « révolution politique » contre l’oligarchie financière et de justice sociale créé une dynamique très forte. L’espoir de battre Trump renait.

En France le déraillement est tout à fait possible. Le mouvement social contre la réforme des retraites est ample, durable, solide. Le gouvernement a perdu le point. Il tente d’imposer son projet mais a renoncé à convaincre. La majorité est un canard sans tête, multipliant les fautes politiques et morales comme sur le congé pour deuil d’un enfant ou l’allocation adulte handicapé. LREM en est réduit à essayer de tripatouiller le résultat des prochaines municipales pour masquer sa défaite à venir. Au-delà, 80% des sondés indiquent ne pas vouloir d’un match retour Macron – Le Pen en 2022, pourtant survendu par la presse officielle. Voilà qui laisse augurer d’une nouvelle secousse dégagiste. Bien malin qui sera capable de dire dans quel sens ça déraillera. Une chose est sûre, c’est la cohérence, la constance, la clarté des positions sociales, écologiques et démocratiques qui permettent de tenir le choc dans ce genre de circonstances.

 

Matthias TAVEL

 

Crédit photo : BST Canada

Partager cet article...
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on Google+
Google+
Email this to someone
email