Aux régionales, aux législatives, aux présidentielles, Faire front avec l’autre gauche !

La rentrée politique pose de redoutables défis à l’autre gauche. Entre l’offensive tous azimuts de la droite et la machine à perdre des primaires démocrates, saurons-nous ouvrir un chemin pour battre la droite et gouverner autrement ce pays ?

Coup de fouet

Regardons la réalité en face : le résultat des élections européennes a donné un coup de fouet à l’UMP. Cela montre au passage que les scores électoraux ne sont pas de simples «photographies » du rapport de forces. Ce sont des éléments du rapport de forces lui-même. Leurs effets se prolongent en conséquence bien au-delà du dépouillement. On serait bien avisé de s’en souvenir à temps avant les régionales ! Sarkozy s’efforce donc de transformer la victoire électorale de l’UMP aux européennes en victoire politique (intégration à la majorité de De Villiers et Chasse-Pêche-Nature-Tradition) et en victoire sociale (relance des attaques contre les salariés et les services publics). Tant qu’on ne l’aura pas fait chuter, c’est lui qui a la main. C’est-à-dire que le pays va continuer à déguster. Car petit à petit le projet de la droite de reformater la société française en rupture avec son identité sociale et républicaine est en train de se réaliser.

Coup de bambou

Du côté du PS, les européennes ont plutôt été un coup de bambou. C’était la première fois que le PS mettait sa campagne des européennes sous l’égide de la social-démocratie européenne. Il a même fait défiler dans son meeting de lancement des sociaux-démocrates européens qui gouvernent avec la droite ! Le résultat ne s’est pas fait attendre. Un des plus mauvais de l’histoire du PS, à la hauteur du naufrage électoral enregistré dans cette élection par la social-démocratie européenne. Hélas, au lieu de rompre avec cette ligne, le PS a accéléré sa course au centre. PS et Modem minaudent à distance. Ils se reniflent. Ils débattent de savoir si les conditions politiques de leur alliance sont réunies ou non. C’est donc qu’ils la souhaitent tous. Reste à en fixer le prix. Un prix qui risque d’être chèrement payé par toute la gauche.

Coup de vent

C’est ici que l’autre gauche est à un moment clé. Si elle cultive sa division et renonce à proposer une stratégie pour battre la droite et gouverner autrement ce pays, elle peut être rayée de la carte. Cela s’est passé en Italie. Le trou noir des primaires a tout emporté. L’espace médiatique a été saturé par la personnalisation de la politique. En France aussi, la vie de la gauche risquerait d’être suspendue à la guerre primaire des egos socialistes. Dès lors, bien des braves gens de gauche finiraient par se persuader n’avoir rien de mieux à faire qu’arbitrer entre ces éminences pour qu’au plus vite commence la bataille contre la droite. Ils chercheraient dans les sondages le mieux placé pour l’emporter. Cela serait, n’en doutons pas, celui qui en dit et en propose le moins. Stratégie d’alliance, organisation des partis et programme, tout cela est lié. Lorsque l’on veut l’alliance au centre et que l’on confie aux sondeurs les clefs des choix politiques, on adopte le programme marketé et recentré qui va avec.

Coup d’envoi ?

Fort heureusement, les électeurs ont aussi doté la gauche d’un point d’appui sur ce sol qui se dérobe. La démarche du Front de Gauche a trouvé une validation politique dans les européennes. Même incomplet, le rassemblement de l’autre gauche met en mouvement des énergies prometteuses. C’est un acquis pour toute la gauche, et pas seulement pour les partis qui l’ont constitué. Car le Front de Gauche, en travaillant à une indispensable clarification politique à gauche, peut remobiliser tous ceux qui attendent autre chose qu’une alternance sans alternative. Il soumet la controverse qui oppose le PS et l’autre gauche aux urnes, pour qu’elle soit arbitrée démocratiquement. C’est pourquoi il ne peut inclure le Parti socialiste ! Et il le fait sans mettre en danger la gauche car dans les seconds tours il va de soi que le Front de Gauche se mobilisera pour faire gagner la gauche. Que lui manque-t-il pour représenter une alternative à l’impasse des primaires et de l’alliance au centre ? D’abord l’affirmation qu’il a vocation à s’inscrire dans la durée, qu’il s’engage dans la construction de candidatures communes autour de plateformes partagées pour le paquet des prochaines confrontations électorales, régionales, présidentielle et législatives. En faisant ce choix, le Front de Gauche peut devenir un Front de Gauche enraciné et élargi. Car chacun saura que ses efforts à un moment de la bataille seront utiles pour la suite. Ce serait un Front de Gauche ambitieux et minutieux à la fois, affichant l’objectif d’une nouvelle majorité populaire et construisant celle-ci patiemment, dans les luttes, dans ses campagnes politiques, à chaque élection qui se présente. Voilà la proposition que le Parti de Gauche veut soumettre au débat à l’occasion de la Fête de l’Humanité

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