AmFIs de Marseille : « un moment ouvert et de bon augure » selon Manuel Bompard.

A l’issue du rendez-vous de rentrée de la France insoumise, Manuel Bompard directeur des campagnes de la FI a répondu aux questions de L’Heure du peuple.

Quel bilan tirez-vous de ces amFIs organisés du 24 au 27 septembre à Marseille ?

Un bilan extrêmement positif. C'était les premiers rendez-vous de fin d'été de la France insoumise, jeune mouvement politique qui a été initié il y a juste un an. Plus de 3000 personnes, de toute la France, sont venues se retrouver à Marseille sur le site Saint-Charles de l'université de Marseille. Plus de 80 ateliers et conférences, plus de 100 intervenants, des conférences gesticulées, des projections de films et des actions dans la rue ont émaillé ces 4 journées. A chaque fois, nous avons pu ressentir l'implication, la détermination et l'enthousiasme des insoumises et des insoumis. C'est de très bon augure pour la suite, et notamment pour la marche du 23 septembre qui doit être un temps fort de la rentrée.

Plus de 300 volontaires de Marseille et de la région ont permis ce magnifique évènement : il faut les remercier toutes et tous car c'est leur implication et la qualité de leur travail qui ont permis cette réussite.

Vous vous attendiez à une telle affluence ?

Deux milles préinscriptions avaient été effectuées sur le site de la France insoumise. Dès Jeudi près de 500 personnes supplémentaires sont venus directement à l'Université pour participer aux travaux et d’autres ont suivi. Du coup les salles de conférences ou d'ateliers se sont vite montrées trop petites. Des personnes s’entassaient jusque dans les allées et dans les entrées malgré la chaleur. Il a fallu installer un écran devant le grand amphi pour les conférences de Jean-Luc Mélenchon sur l’Ere du peuple, jeudi, et celle de Rafael Corréa, ex-président de l’Equateur vendredi. Tout le monde n’a pas toujours pu assister à l’atelier de son choix à cause de l'affluence mais la convivialité, le bonheur d'être ensemble et la détermination des participants étaient au rendez-vous. C'est le signe qu'il se passe quelque chose autour de la France insoumise et que le mouvement continue à grandir !

Quel était le profil des participants ?

Les participants étaient des insoumis.e.s venant de toute la France, et des habitants de Marseille et de la région intéressés par les idées portées par la France insoumise. Pour beaucoup d'entre eux, la France insoumise est un engagement politique inédit et la participation à une université d'été une grande première. Nous l'avons ressenti très fort dans cette volonté d'échanger, de se rencontrer, d'apprendre aussi les uns des autres.

Les jeunes étaient particulièrement nombreux…

En effet, il y avait beaucoup de jeunes participants, avec une soif d'apprendre et de s'engager incroyable. C'est un des grands succès de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon : toute une génération, qui a notamment construit son engagement civique sur internet, a basculé dans la bataille politique à l'occasion de cette campagne. L’atelier d'ailleurs consacré à l'engagement de la jeunesse a été un grand succès !

Je veux aussi souligner qu'il y avait autant de femmes que d'hommes à participer aux travaux. C'est très important car trop souvent les participants à ce type de rendez-vous ne sont pas suffisamment à l'image de la société. Bien sûr, il reste encore du travail pour davantage s’ouvrir à celles et ceux que l’on ne voit jamais : ouvriers, chômeurs, habitants des quartiers populaires qui souffrent, les premiers, des politiques mises en œuvre. Mais c'est en très bonne voie!

Quels étaient vos objectifs avec ces journées ? Vous affirmer comme principale force d’opposition à Emmanuel Macron ?

Il s'agissait d'abord de permettre aux insoumis.e.s de toute la France de se retrouver après 18 mois de campagnes électorales ininterrompus. Le mouvement de la France insoumise s'est construit au fil des campagnes. Et il rassemble des citoyens de tous horizons, de toutes cultures politiques, avec ou sans expérience d'engagement militant politique, syndical ou associatif. Ce type de moment est nécessaire pour forger une culture commune.

Il y avait aussi une volonté de faire de ces rendez-vous un grand moment de préparation de la rentrée. Ainsi, des ateliers été consacrés aux ordonnances sur le code du travail, à l'état d'urgence ou encore à la rentrée scolaire avec la volonté de permettre à chacun de repartir avec les arguments et les idées d'actions à entreprendre pour convaincre autour de soi.

Enfin, si la France insoumise est identifiée comme la première force d'opposition, notamment grâce au magnifique travail de nos députés à l'Assemblée Nationale, nous ne nous en contentons pas. Nous voulons aussi être la première force d'alternative, le mouvement porteur d'une autre société, celle de la solidarité, du partage de la richesse, de la sauvegarde de l'écosystème et du pouvoir populaire. Les ateliers et les conférences ont permis de se doter d'outils pour favoriser l'auto-organisation des citoyens et faire de la France insoumise un mouvement utile au peuple français dès maintenant !

Beaucoup de partis ont renoncé à leur université d’été, la presse affirmant qu'elles sont en voie de disparaître. Qu'en pensez-vous ?

Les universités d'été sont à l'image des mouvements qui les organisent. Celles des vieux appareils qui ont gouverné le pays depuis des années et l'ont conduit droit dans le mur sont en perte de vitesse et c'est bien normal. Comme ces appareils, elles sont restées figées, organisées trop souvent comme des temps strictement internes. Elles étaient vues par les citoyens comme des moments où les partis politiques se regardent le nombril.
Nous avons voulu au contraire faire des amFIs un moment poreux avec la société, ouvert sur la ville, accueillant toutes celles et ceux qui souhaitaient venir. Nous avons par exemple organisé des projections de films sur des places de Marseille, déambulé contre Macron et son monde ou encore participé à un rassemblement pour défendre des vestiges contre l'appétit sans limite des promoteurs immobiliers.
Pour la France insoumise, c'était un premier rendez-vous et au vu du bilan que nous en tirons collectivement, il sera sans aucun doute amené à se reproduire !

Quels sont les prochains rendez-vous de la France insoumise dans les mois qui viennent ?

Dans les prochaines semaines, la France insoumise va consacrer toute son énergie à faire grandir la mobilisation contre le coup d'état social de Macron. Ainsi, nous serons aux côtés des syndicats le 12 septembre prochain et surtout, nous avons pris l'initiative de proposer une grande marche nationale le 23 septembre prochain. C'est très important que tout le monde fasse le déplacement à Paris pour montrer notre force et notre détermination.

Ensuite, nous organiserons au mois de novembre notre première convention nationale. Elle devra permettre de déterminer les objectifs de la France insoumise, d'initier de nouvelles campagnes et de poser les bases de son organisation comme mouvement d'action au service du peuple. Nous avons d'ores et déjà initié une boite à idées qui permet à chacun de contribuer autour de 4 axes : quels thèmes de campagne, quelles méthodes d'actions, quels outils pour agir et comment s'organiser ? L’ambition ce n’est pas d’être un mouvement qui se regarde lui-même mais d’être l'outil le plus efficace pour le peuple français !

Propos recueillis à Marseille par Christiane Chombeau

Revivez ses amfis d'été en photos : https://heuredupeuple.fr/amfis-dete-photos/

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