ADP : rentrée de haute intensité !

Plus de 600 000 citoyennes et citoyens ont déjà signé pour s’opposer à la privatisation des Aéroports de Paris et demander un référendum pour empêcher cette braderie du bien public. Il en faudra 4,7 millions d’ici mars 2020 pour remplir les conditions de la procédure de « référendum d’initiative partagée » entre parlementaires et citoyens, la première jamais engagée. La barre est haute. Mais pas inatteignable. Selon un sondage paru en juillet, 75% des Français se disent prêts à signer ! Cela représente un vivier de 35 millions de signatures potentielles à aller chercher.

Il faut pour cela que chaque signataire convainque 8 autres personnes autour de lui. C’est-à-dire une par mois ! C’est une bataille de longue haleine et de bouton de veste. La campagne numérique permet de solliciter ses amis connectés. Mais elle ne suffira pas. Partout dans le pays, ce sont tous ces adhérents de partis, de syndicats, d’associations, d’amicale de locataires, ces gilets jaunes, ces jeunes pour le climat, ces collègues, ces voisins, ces cousins qu’il s’agit de faire entrer dans l’action civique. Cette lutte républicaine, d’intérêt général, appelle une mobilisation militante de très haut niveau, du type de la campagne du « non » de 2005 au traité constitutionnel européen ou des campagnes présidentielles de Jean-Luc Mélenchon. La victoire est au prix de cet effort.

Ce serait évidemment une victoire contre Emmanuel Macron et sa politique. Elle est nécessaire tant les mauvais coups pleuvent comme cet été contre les chômeurs et demain contre le droit à la retraite.

Ce serait une victoire contre les privatisations des services publics en général. Le patrimoine national est bradé comme on l’a vu avec les autoroutes. Il y a urgence car ADP n’est pas seul en cause. Le gouvernement veut privatiser la Française des Jeux et ce qui reste public dans Engie (ex GDF). Et une large partie d’EDF pourrait suivre !

La victoire serait idéologique contre le néolibéralisme qui vend à la découpe la propriété collective et détruit les droits sociaux pour enrichir oligarques et multinationales. Pillage et gaspillage ont assez duré !

La bataille est aussi démocratique. Jamais Macron n’a parlé de cette privatisation avant son élection. Plus de 200 parlementaires ont déposé la proposition de loi support de cette campagne pour un référendum. Médias et pouvoirs publics au sens large font le service minimum quand on compare aux moyens mis en place pour le Grand Débat du début d’année. La mise en scène du monarque vaut plus à leurs yeux que l’exercice par les citoyens d’un des trop rares droits que leur reconnait la Constitution. La bataille contre la privatisation ADP est aussi une bataille contre la 5e République et pour la souveraineté du peuple. Pour y contribuer, nous publions un numéro spécial, outil militant pour les mois qui viennent. De quoi faire une rentrée intense sur le fond et dans l’action !

Matthias TAVEL

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