À la remorque du vieux monde

En dépit de ses habits neufs, la présidence Macron multiplie les décisions et les signes qui arriment la France au char du vieux monde productiviste, belliciste et atlantiste. Les belles manières du nouveau président cachent mal la brutalité, quand ce n’est pas la grossièreté, du fond de sa politique.

Alors que l’humanité est en passe de mourir de chaud, faire du principal fossoyeur des efforts internationaux de lutte contre la crise climatique l’invité d’honneur de la France pour sa fête nationale est une faute géopolitique majeure. Voir le ministre Nicolas Hulot assis juste derrière Donald Trump sur la place de la Concorde acte cette capitulation internationale de la France. Elle avait déjà commencé au sommet de Bruxelles de l’OTAN en juin où le président Macron avait déjà vanté l’avenir d’une alliance militaire transatlantique pourtant totalement obsolète. La capitulation s’est poursuivie au sommet du G20 à Hambourg. Loin de cultiver les relations de la France avec les pays du Sud qui permettraient d’ouvrir de nouveaux chemins pour la majorité de l’humanité, Macron s’y est enfermé entre Trump et Merkel. À rebours de tout internationalisme il a même trivialement moqué l’Afrique dans une déclaration digne de Trump en affirmant qu’il ne servait à rien de dépenser des milliards en Afrique dans des pays avec 7 ou 8 enfants par femme ! Une macronade aussi stupide que grossière qui a laissé songeurs les représentants des BRICS, Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud.

Alors que la Chine prend la présidence tournante des Brics, avant un sommet des 3-5 septembre auquel la France ferait bien de s’intéresser, ces derniers ont renforcé leurs initiatives internationales de coopération. Alternative à la Banque mondiale dominée par les USA, la Nouvelle Banque du Développement (NDB) lancée par les BRICS a programmé pour 2018 6 milliards de dollars d’investissements, notamment dans les transports collectifs et les énergies renouvelables. Les mêmes pays ont lancé, dans l’indifférence de Macron et Trump, un appel international à relancer la lutte contre le Sida et les maladies infectieuses en privilégiant la prévention plutôt que de recourir uniquement à des programmes pharmaceutiques peu durables et dominés par les firmes des pays du Nord.

Pour ne pas passer à côté de ces alternatives, même modestes, en construction, la France aura besoin que de d’autres visages, d’autres mots et d’autres idées que ceux de la présidence Macron portent sa voix au niveau international. Les nouveaux parlementaires de la France insoumise ont tout pour être de tels promoteurs et facilitateurs de paix et de coopération en phase avec le meilleur de la France des Lumières.

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