600 jours pour gagner

Dans 600 jours aura lieu l’élection présidentielle de 2022.

C’est une éternité pour les familles qui ne parviennent pas à boucler leurs fins de mois, les plus de 6 millions de privés d’emplois dont le nombre – déjà record – est appelé à croître encore du fait des choix économiques d’Emmanuel Macron, de l’Union européenne et des grands groupes qui préparent les plans sociaux en masse.

600 jours, c’est une éternité qui peut être irréversible dans bien des pans de la lutte contre le changement climatique. Combien de permafrost fondu, de forêts calcinées, de catastrophes naturelles aggravées ? Combien de temps perdu qui ne se rattrapera pas ?

600 jours, c’est une éternité démocratique à l’heure où l’abstention est devenue l’attitude électorale d’une majorité de citoyens, où le Parlement n’est qu’une chambre d’enregistrement, où l’énergie citoyenne et populaire ne peut s’exprimer souverainement quand l’oligarchie s’en donne à cœur joie, où le peuple est invité de toutes parts à se diviser au lieu de se fédérer sur l’essentiel et l’universel.

Les 600 jours à venir seront pleins de soubresauts, de crises, de tempêtes et pas seulement sanitaires. Voir Le Liban pour s’en convaincre, dernier exemple en date.

Alors que plus de moitié des Français a refusé d’aller voter aux élections municipales, ce seront 600 jours dans une cocotte-minute politique. Tout et tout le monde peut être balayé, du pouvoir en place jusqu’à toutes les oppositions. C’est l’heure des caractères et des visions amples, capable de projeter le pays vers un nouvel horizon.

L’enjeu est de taille. La conjonction des crises peut déboucher sur une catastrophe politique. Elle peut aussi faire émerger la révolution citoyenne dont notre pays a besoin pour passer à la 6 République, partager les richesses, engager la planification écologique, sortir des traités européens, gagner l’indépendance nationale et la souveraineté populaire. C’est à cela que chacun des 600 jours doit être consacré, avec méthode, car c’est la République elle-même qu’il s’agit de reconstuire dès à présent et par la victoire demain.

Ceux qui veulent consacrer ces 600 jours à des intrigues politiciennes pour tenter d’écarter les insoumis et Jean-Luc Mélenchon perdent leur temps. Surtout, ils prennent la responsabilité devant l’Histoire de pousser le pays au bord du précipice : fous sont ceux qui pensent terrasser le macronisme et le lepénisme en se coupant du principal porte-parole humaniste et républicain du pays. Leur calcul ne joue pas seulement contre la gauche qu’ils prétendent incarner de droit divin ou l’écologie qu’ils espèrent préempter. Ils jouent contre le peuple et contre la France. Car le pays ne se remettrait pas d’un nouveau duel imposé Macron-Le Pen alors qu’il n’en veut pas. Face à leur sectarisme, sachons fédérer celles et ceux qui, d’où qu’ils viennent, veulent faire triompher l’intérêt général.

Matthias Tavel

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