23 septembre, 1ère marche anti Macron

La marche du 23 septembre à Paris contre le coup d’État social est la première marche anti-macron du quinquennat. Les grèves et manifestations syndicales des 12 et 21 septembre contestent, à raison, les ordonnances contre le code du travail qui visent notamment à faciliter les licenciements et organiser le dumping social. Mais l’enjeu n’est pas seulement social, il est politique : c’est le refus global du macronisme qui est à l’ordre du jour, ce potage périmé fait de préférence pour les riches, de ratification de traités internationaux sans référendum comme le CETA, de suppressions d’emplois aidés, de privatisations, de monarchie décadente et arrogante.

C’est bien un coup d’État social qui est à l’œuvre. Il est fomenté par le MEDEF, et déjà théorisé en 2007 par Denis Kessler qui voulait « défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ». C’est ce qui est fait aujourd’hui où tous les fondements de la République sociale, encore bien incomplets, sont mis en cause : protection contre l’arbitraire patronal ou des multinationales, service public, sécurité sociale, justice fiscale.

Ce coup d’État est mené par Pierre Gattaz avec Emmanuel Macron comme homme de main. François Hollande, dénonçant la finance comme adversaire en 2012, disait qu’il « ne présentera jamais sa candidature, il ne sera jamais élu et pourtant il gouverne ». Il ne pensait pas si bien dire ! Le MEDEF ne se présente à aucune élection, pas même devant les patrons qu’il prétend représenter. Mais c’est lui qui fait la loi ! Son influence est à elle-seule une usurpation. La séparation du MEDEF et de l’État est une urgence démocratique autant qu’économique ou sociale.

Ce gouvernement doit être stoppé. C’est possible, d’autant que les ordonnances doivent encore être ratifiées par l’Assemblée. Mais disons-le tout net : oui, le 23 septembre, il y a bien une bataille pour être le premier opposant à Macron. Ce n’est une bataille ni d’égos, ni d’appareils, ce n’est pas une bataille entre Mélenchon et la CGT. C’est une bataille idéologique. En mai, c’est l’extrême-droite qui accédait au deuxième tour de la présidentielle. En juin, ce sont les néo-conservateurs LR qui espéraient récupérer ce titre aux législatives. En cette rentrée, c’est le bloc humaniste qui reprend la main de la contestation, grâce à l’action concomitante de syndicats et de la France insoumise. Derrière la question de l’opposant numéro un, c’est l’idéal proposé en alternative au macronisme qui est en jeu. Républicain ou obscurantiste ? Social ou égoïste ? Écologiste ou productiviste ? L’enjeu du 23 septembre est là et l’apport de tous sera nécessaire. Comme l’écrivait Aragon : « Quand les blés sont sous la grêle / Fou qui fait le délicat / Fou qui songe à ses querelles / Au cœur du commun combat ».

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