12 et 23 septembre : stopper Emmanuel Fillon

Dans la campagne présidentielle, François Fillon avait surnommé le candidat Macron « Emmanuel Hollande » pour dénoncer la continuité, véritable, entre le président sorti et son ex protégé. Mais chacun des cent jours du nouveau président sème le trouble. Tout se passe comme si François Fillon avait gagné l’élection présidentielle. C’est Emmanuel Fillon qui siège à l’Elysée !Plusieurs ministres parmi les plus importants – Economie, Budget – et même le Premier ministre viennent du parti de Fillon, LR. La politique d’austérité et ses coupes budgétaires sont amplifiées, jusqu’à 20 milliards d’euros annoncés pour 2018 ! L’Elysée abrite un nouveau président des riches déterminé à supprimer l’impôt sur la fortune des actionnaires tout en augmentant la CSG des actifs et retraités, en baissant les aides au logement des plus pauvres, en continuant le gel du salaire des fonctionnaires. Le MEDEF continue d’imposer ses vues à travers les ordonnances sur le code du travail comme l’agrobusiness à travers la baisse des aides à l’agriculture bio. Le libéralisme arrogant est au pouvoir comme si Macron et Fillon avaient fusionné en un seul et même personnage.
Mais le conservatisme, et même la réaction, qu’on pouvait croire propres à Fillon, ont aussi pénétré l’Elysée. Est-ce Fillon ou Macron qui a invité Vladimir Poutine en grande pompe à Versailles ? Est-ce Fillon ou Macron qui a invité Donald Trump pour le 14 juillet et s’est tu devant l’abject blanc-seing donné par ce dernier à l’extrême-droite nazie après le meurtre de Charlottesville ? Est-ce Fillon ou Macron qui a osé baisser de 25% le budget du secrétariat d’Etat aux droits des femmes ? Et est-ce Fillon ou Macron qui a osé envisager un statut et des moyens publics pour son épouse ?
C’est que l’oligarchie est ainsi faite : elle a un programme et des méthodes constants. Elle pioche seulement parmi ses hommes et femmes de main selon ce qu’exigent les circonstances électorales. Car elle sait quel danger elle doit éviter. Ce danger, c’est l’irruption du peuple dans le débat politique. Elle a eu peur au printemps devant la dynamique de la France insoumise. Elle a mesuré cet été le danger politique que représentait pour elle l’opposition farouche des 17 députés insoumis. Elle pourrait bien trembler cet automne si la mobilisation contre les ordonnances Macron-MEDEF sur le code du travail est à la hauteur des attaques sociales contenues dans ce projet. La réussite des manifestations syndicales du 12 septembre partout en France et de la marche nationale contre le coup d’Etat social le samedi 23 septembre à Paris appelle donc tous les efforts et tous les concours.

Matthias TAVEL

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