Rester libres

Les maîtres chanteurs électoraux sont repartis en campagne pour le second tour de l’élection présidentielle. Ils continuent d’agiter le mythe d’un front républicain contre le FN, qui n’a jamais réellement existé dans le peuple français. Car il n’est qu’une invention des appareils sociaux-démocrates et conservateurs pour transformer la menace FN en assurance vie de leur alternance sans changement de politique. Ce chantage est d’autant plus hypocrite que les promoteurs de ce « front républicain » sont aussi les responsables historiques de la montée du FN. Leur but ultime est que tout vote puisse être prévu d’avance, canalisé, voire encadré et même contraint.

Fidèle à toute la campagne de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon s’est insurgé contre cette prise en otage des électeurs : « tout le monde est pris à la gorge et prié de s’aligner séance tenante sur un choix. » Car ce choix est si contraint qu’il n’est pas un vrai choix. La vie du pays pour les cinq ans à venir ne peut se réduire à ce qui est proposé pour ce second tour. Car le 1er tour a confirmé avec éclat l’affirmation non pas de deux mais de trois grands courants politiques, et même culturels et philosophiques qui travaillent en profondeur la société française. Le troisième n’est réductible d’aucune manière à l’un ou l’autre des deux qui sont encore représentés au second tour de cette élection. Et parce qu’il est celui qui a cristallisé avec la plus grande cohérence dans cette campagne, le courant qu’incarne la France Insoumise est aussi celui pour lequel le chantage médiatique sur le second tour est plus violent.

En cohérence avec ses principes, ce courant humaniste appelle à ce qu’aucune voix n’aille à la candidate de l’extrême droite. C’est là une évidence idéologique même si certains médiacrates font mine de l’ignorer par inculture ou par calcul. La France insoumise est en effet la force politique la moins susceptible de collusion ou de connivence avec le FN. Son programme, ses références, ses porte-paroles, ses militants se sont toujours confrontés avec le FN. Cette incompatibilité n’est pas que théorique. Car la France insoumise est la seule force qui a démontré concrètement au 1er tour sa capacité à faire reculer le FN dans de nombreuses communes. A commencer par la 2e ville de France, Marseille, qui a placé Jean-Luc Mélenchon en tête alors que le FN en a fait un de ses principaux laboratoires depuis 30 ans, au point que Marine Le Pen y avait organisé son dernier grand meeting.

L’autre évidence en vue du vote du second tour réside dans un principe développé par Jean-Luc Mélenchon dans cette campagne : la défense de la liberté absolue de conscience. C’est elle seule qui doit guider le choix de chacun entre les différentes options démocratiques restantes : vote blanc, vote Macron ou abstention.

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