En finir avec le libre-échange

La réunion du sommet du G20 vient de conforter l’irresponsabilité écologique du capitalisme mondial. Après avoir mis en scène leur ratification de l’accord de Paris sur le climat, les grandes puissances, USA et Chine en tête, ont appelé à relancer le commerce international et à s’opposer au protectionnisme. Or l’ouverture effrénée des marchés nationaux au nom du libre-échange contredit radicalement la réorientation écologique de la production mondiale, en plus de violer la souveraineté d’une majorité de peuples. Le climat pâtit de la croissance des transports internationaux de marchandises. Et la logique de moindre coût qui préside à ce déménagement du monde conduit à localiser en priorité les productions là où les contraintes écologiques sont les moins fortes. La pollution s’en trouve accrue. Enfin la perte de complémentarité entre filières à l’échelle nationale conduit à un épuisement social et écologique plus rapide de tous les territoires, même les plus engagés écologiquement. C’est criant en agriculture où la spécialisation commerciale mondiale épuise les terres jusqu’en France et menace la survie alimentaire de pays entiers.

L’obsession libre-échangiste reste aussi en tête des politiques européennes. La Commission européenne a confirmé la poursuite des négociations du Traité commercial transatlantique avec l’espoir de les conclure d’ici la fin de l’année. Son président Juncker répète d’ailleurs qu’aucun chef d’État n’a jusqu’ici demandé de les arrêter. Les postures critiques exprimées par deux ministres sociaux-démocrates, Mathias Fekl en France et Sigmar Gabriel en Allemagne sont donc juste là pour endormir le débat public dans leur pays. À peine le ministre du commerce avait-il évoqué la nécessité d’arrêter les négociations que le ministre des affaires étrangères Ayrault affirmait qu’elles allaient continuer ! Personne ne devra donc être dupe en 2017. Pour mettre la France en travers de ce nouveau traité commercial, il faudra se débarrasser de Hollande. D’autant que des alternatives de protectionnisme solidaire émergent face à la logique archaïque des traités de libre-échange. Un protectionnisme régional est notamment expérimenté par la Russie en coopération avec ses voisins en matière monétaire et technologique. Plus ambitieux encore serait un traité international contraignant imposant des normes sociales, écologiques et humaines fondamentales aux firmes transnationales. Initiée à l’ONU par l’Équateur et l’Afrique du Sud avec le soutien de 85 pays, cette solution dont seul Jean-Luc Mélenchon s’est aujourd’hui emparé en France, remettrait le commerce à sa place : subordonnée aux autres impératifs de l’humanité.

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