Contre les ordonnances du G20

Le communiqué final du G20 le 8 juillet réaffirme la lutte contre le « protectionnisme » comme objectif commun des gouvernements des 20 plus grandes économies du monde. L’ajout d’une mention sur les « instruments légitimes de défense commerciale » face au dumping ne doit rien à Emmanuel Macron mais tout au mercantilisme de Donald Trump. Cela ne trompera personne.

Le libre-échangisme reste évidemment la boussole des Macron et Merkel. A la veille du G20, l’Union européenne a ainsi annoncé un accord de principe pour un traité de libre-échange avec le Japon, le JEFTA. Voici venu le nouveau cousin des accords en préparation avec les Etats-Unis (TAFTA) et en cours de ratification avec le Canada (CETA). Mme Merkel a appelé fin juin à la reprise des négociations du TAFTA actuellement suspendues. Macron n’a rien dit. Et le Conseil constitutionnel dira dans les semaines qui viennent si le CETA peut être ratifié par la France sans réviser la Constitution. Quoi qu’il en soit, il s’appliquera dès le 21 septembre à titre provisoire avant même que les députés français ne se soient prononcés ! Ainsi va l’UE : les multinationales font la loi.

Les ordonnances Macron sur le droit du travail obéissent à la même logique. Hostiles à tout protectionnisme, les libéraux vantent les « réformes structurelles » pour rester « compétitifs » dans la « concurrence internationale ». La gabegie fiscale du pacte de responsabilité, la précarité généralisée des salariés, le chantage patronal et le dumping entre branches, entreprises et salariés sont autant d’offrandes consenties volontairement aux multinationales. Bruno Le Maire ne s’y est pas trompé en déclarant à Wall Street « n’ayez plus d’inquiétudes sur le droit du travail français » pour draguer la finance.

Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, les multinationales ont trouvé leur « femme de main » pour écrire directement la loi : Muriel Pénicaud, ministre du travail, à la fois ancienne directrice des ressources humaines de Danone et ancienne directrice-générale de l’agence Business France chargée de « vendre » la France aux « investisseurs » internationaux. Les élus sont assignés au silence. Le gouvernement veut écrire la loi par ordonnances à la place des députés. Dès le projet de loi autorisant cette procédure, la présidente de la Commission des affaires sociales s’est vantée face à un député insoumis qu’aucun amendement n’ait « évidemment » été adopté.

En se mobilisant le 12 juillet à l’appel de la France insoumise et le 12 septembre à l’appel de la CGT et Solidaires, le peuple peut dire non à ces ordonnances. Il s’opposera ainsi à un projet qui, de l’entreprise du quartier aux échanges mondiaux fait primer la concurrence sur la coopération, la bourse sur la vie, les multinationales sur l’humain.

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