La grande coalition Macron

La loi Macron dite « pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques » a été adoptée par le Sénat avec les amendements de la droite majoritaire. La CMP (commission mixte paritaire) qui doit se tenir le 3 juin s’annonce mal, puisque le Gouvernement a demandé au Sénat la ”sagesse” sur plusieurs amendements de la droite et pas des moindres, à tel point que sur 110 sénateurs PS, 100 se sont abstenus sur le vote final et seulement 7 ont voté contre. Voilà qui assombrit le tableau lorsque l’on sait le poids électoral de ces “barons” socialistes qui figurent tous sur

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Une semaine à Bruxelles

Une chose est certaine, c’est que la politique actuelle de l’Union européenne ne fera pas baisser le Front national. Les Échos annonçaient pour le milieu de semaine une « décision » de la Commission sur le programme de stabilité de la France. La Commission table sur une croissance un peu plus forte en 2015 que celle  prévue par le gouvernement (1,1% contre 1%) mais un peu plus faible en 2016 (1,7% contre 1,8%). Quant aux déficits, avec les 4 milliards d’euros de coupes supplémentaires annoncés par Sapin et le résultat meilleur qu’attendu en 2014 (4% contre 4,4% prévu), la Commission a aligné ses prévisions sur

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Jean Jaurès est de retour

Revenez un instant dans le temps pour imaginer Jaurès défenseur de la paix. L’Histoire lui a donné ce titre, mais on peut parier que pour la meute de son époque c’était un défenseur de l’empire germanique. Il ne manquait pas de raisons « progressistes » pour s’opposer au Kaiser, autocrate honni du pays des droits de l’Homme. Il a fallu ce climat de vindicte médiatique pour que le jeune Raoul Villain passe à l’acte et qu’il soit acquitté cinq ans plus tard. Le grand méchant de notre époque a changé. Dorénavant, c’est l’empire russe de Vladimir Poutine, nouvelle incarnation du mal. Le

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Manuel Valls, l’obstacle à l’unité

Au lendemain des départementales, une chose est certaine : Manuel Valls est en train de diviser la gauche. Et sciemment. Seuls peuvent applaudir à son avalanche de mesures libérales, jusqu’à la réforme Macron II, les thuriféraires de la Commission de Bruxelles. Comme si la croissance économique dépendait des freins posés par une bureaucratie tatillonne, un discours que même l’UMP n’ose pas resservir tel quel, et que seul serine en boucle le Medef, glande lacrymale en avant. Et son annonce de « flexibilisation » encore du « marché du travail » à la veille de la fête du travail du premier mai ne peut sonner que

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Au lendemain du deuxième tour

Ainsi, Manuel Valls rejette la déroute des départementales sur la « division » et pas sur sa politique qui reste inchangée. C’est se moquer du monde tant, nous l’avons expliqué sur tous les tons, alliés inclus, que le « Pacte de responsabilité » n’était en rien une politique de gauche. Mais il n’est pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Qu’ont dit les urnes dimanche ? Le premier parti, et de loin, est celui de l’abstention. Le taux des bulletins blancs et nuls atteint des niveaux inégalés. La distance avec les échelons élémentaires de la République se creuse. Cela ne peut pas

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La leçon cachée de l’élection

Une chose est sûre : le FN est bien l’assurance-vie du système. Proclamé pendant des semaines « premier parti de France », il termine deuxième largement distancé par l’austéritaire UMP. Entre-temps, le Front national a fourni un argument de campagne à Manuel Valls pour les candidats socialistes. Il va même permettre le vote indifférencié au deuxième tour par lequel les électeurs de gauche sont invités à voter pour la droite avant d’applaudir à un programme compatible, comme l’a justifié Manuel Valls sur RTL lundi. Le ressort anti-FN a justifié un vote pour des candidats sans programme et a donc permis à la coalition

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Le FN a le dos large

Le Front national est devenu un argument central du jeu politique. Avant même les prochaines élections départementales, il est positionné comme l’événement d’un scrutin voulu par l’exécutif. Manuel Valls ne manque pas une occasion de tirer sur cette corde. Pourtant, le chef du gouvernement Hollande a vu sous sa gouvernance le Front national flirter avec les premières places. C’est le fruit d’une politique qui détruit des emplois et n’en crée aucun, selon les chiffres même de l’Insee parus la semaine dernière. C’est le fruit de la « triangulation » à laquelle se sont livrés Manuel Valls et Emmanuel Macron et qui devait

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La semaine de l’écologie

Areva, sommet mondial du climat à Paris, loi de transition énergétique, Europe Écologie-Les Verts ne manque pas d’éléments programmatiques sur la table pour discuter de leur retour au Gouvernement. Mais ce n’est apparemment pas le sujet. Il y aurait pourtant beaucoup à dire sur le bilan et la critique d’une économie-monde fondée sur la compétitivité, seul modèle promu par la France et les dirigeants français. Il y a peu de semaines comme celle-là où se joue l’avenir de la filière nucléaire civile française, entre la réorganisation, devenue imparable, du projet industriel d’AREVA, père de l’EPR, et le besoin de Hollande,

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Les départements antidémocratiques

Il y a comme qui dirait un paradoxe. On va voter aux élections départementales les 22 et 29 mars prochains alors que les compétences du « conseiller départemental » sont encore en débat à l’Assemblée nationale. Des débats vifs, tant il est vrai qu’un socialiste est avant tout un conseiller, général ou régional, et qui ont conduit à la réécriture de tout le projet gouvernemental. Des débats que le pouvoir espère plus simples au lendemain des élections. Bel exemple de démocratie ! Il faut dire que, en Union européenne, le concept de souveraineté populaire paraît suranné. Les États sont pris dans des engagements

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Un débat fondateur

C’est peu dire que le compromis signé par l’Eurogroupe avec les Grecs vendredi 20 février au soir offre moins de points d’appui que l’attitude déterminée affichée jusqu’alors par Athènes. Le débat a tourné autour de l’empoignade entre la souveraineté des peuples dont Tsipras était le représentant et la continuité des débiteurs. A tel point que l’Allemand Wolfgang Schäuble pourtant ministre des affaires financières de son pays a résumé l’issue de la discussion d’un lapidaire mais cruel « On va voir maintenant comment les Grecs vont vendre ça à leurs électeurs ! ». Il apparaît que les Grecs ont été isolés, c’est le seul

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